Mon top 5 des pires idées de *mot censuré* en finances personnelles

0
rembourser mes dettes

Je l’admets, j’ai une obsession depuis que je suis collaborateur pour le blogue. L’obsession constante du nombre de lecteurs (certainement une déclinaison de la peur du rejet). Bref, une amie-blogueuse-gratteuse-et-marginale m’a mentionné que la mode actuellement, pour obtenir un maximum de lecteurs, est aux articles produits sous l’axe d’un palmarès. Après réflexion, je suis plutôt en accord avec son affirmation… il me semble que les tops 10 de tous les machins inimaginables inondent mon fil d’actualité Facebook.

Donc, suivant le conseil de cette amie-blogueuse-gratteuse-et-marginale, voici (crescendo de trompette) mon top 5 des pires idées de marde en termes de finances personnelles. Je crois que je pourrais me rendre au top 500, mais comme je le mentionne à mes étudiants en cette période de remise de travail de fin de session… être concis a un certain charme.

  1. Rembourser plus rapidement une dette

Comprenons-nous, comme le dit si bien le dicton : Qui paye ses dettes s’enrichit. Il faut simplement garder en tête que de rembourser plus rapidement son hypothèque, par exemple, en ce temps de taux d’intérêt famélique, n’est pas la meilleure solution côté optimisation. Un taux d’intérêt sur votre prêt hypothécaire vous coûte (ce que votre institution bancaire vous facture en intérêt) beaucoup moins que ce qu’un placement dans un portefeuille REÉR moindrement équilibré vous procure. Donc, rembourser plus rapidement votre hypothèque à un taux d’intérêt proche de 3,75% plutôt que de placer cet argent dans un placement qui pourrait vous en apporter environ 5%, c’est sacrifier 1,25% de rendement (5% – 3,75%). Évidemment, c’est le principe qu’il faut retenir. Si votre dette est frappée d’un taux d’intérêt de 12%… privilégier le remboursement (tout comme lorsque les taux d’intérêt vont augmenter) !

  1. Ne pas payer complètement le solde mensuellement de sa carte de crédit

Il y a quelques années (dans le temps où je n’avais pas de cheveux blancs, alors imaginez), mon frérot-qui-ne-comprend-rien-à-la-finance m’obstinait gros comme le bras que s’il payait le montant minimal demandé sur sa carte de crédit, il ne payait pas d’intérêt. C’est bien connu, les banques sont des organismes à but non lucratif. Le pire dans cette histoire (outre le fait que j’aie toujours raison et qu’on m’obstine pareil) c’est qu’il n’est pas le seul à avoir cette pensée. En effet, selon un récent sondage CROP, près de 20% des répondants ne savaient pas comment étaient calculés les intérêts sur leur carte de crédit. De plus, c’est près de 50% des répondants qui se disaient inconfortables dans tout ce qui a trait à leurs finances personnelles (vous n’êtes pas seul, rassurez-vous). Premièrement, résumons. Si vous ne payez pas le solde complet sur votre carte de crédit, vous allez payer de l’intérêt sur le montant total que vous avez placé sur ladite carte et non uniquement sur le solde. Prenons un exemple. Vous faites un achat de 1000$ sur votre carte et vous remboursez 900$ à l’intérieur des termes prescrits. Vous allez donc payer de l’intérêt sur 1000$ à partir de la date d’achat, jusqu’au paiement de 900$. Le solde de 100$, lui, continuera d’être frappé d’intérêt. Bref, le 0% d’intérêt d’une carte de crédit est offert uniquement si vous payez la totalité à l’échéance. Deuxièmement, l’intérêt est stratosphérique sur une carte de crédit (entre 19 et 24%). À la limite, optez pour une carte de crédit avec un frais annuel qui propose un taux d’intérêt « réduit » ou transférez le montant complet sur une marge de crédit qui possède un taux d’intérêt plus faible (et, idéalement, fermer votre carte de crédit après ce transfert).

  1. Financer du court terme sur du long terme

Celle-là, honnêtement, elle me fait capoter. Vraiment. Et vous seriez étonné, dans notre société de surconsommation, de savoir à quel point c’est coutumier. Bref, samedi dernier, j’étais dans le super métro-montréalais-tellement-actuel et, comme je n’étais pas dans le coin de Berri-UQAM, évidemment, je n’avais pas accès à mon téléphone. Évitons de faire l’autruche, la connexion Wifi ainsi que le 3G sont maintenant des besoins essentiels. Bref, puisque j’étais seul et que je n’avais pas accès à l’extension artificielle et technologique de mon bras, j’écoutais la discussion qu’avait ma voisine de siège avec son amie (je sais, je sais, c’est mal). Cette dernière mentionnait à son interlocutrice qu’elle quittait pour le sud avec son chum pour une semaine et plaçait le tout en 12 versements égaux. Pourquoi se priver, s’encourageait-elle. Réalise-t-elle que ses super vacances actuelles, elle va encore les payer quand elle n’aura plus le bronzage que ces dernières lui auront apporté? Prendre une semaine de vacances aujourd’hui et les payer sur les 52 semaines suivantes… ce n’est pas l’idée du siècle. Le principe est simple : le temps de financement doit être idéalement plus court ou tout au plus égal au temps de la jouissance du produit. À l’extérieur de ça, oubliez.

  1. Renouveler une assurance sans magasiner

«Je n’ai pas besoin de perdre mon temps à faire des appels téléphoniques pour comparer, il me donne le meilleur prix parce que j’ai mon compte bancaire personnel et d’entreprise, mes assurances maison et automobile ainsi que ma carte de crédit chez eux», se targuait la mère de mon premier chum. Le pire, c’est que beaucoup ne font pas l’exercice de comparer les prix et optent pour la simplicité, sous le couvert du fameux « je manque de temps, j’ai pas de temps à perdre ». Premièrement, à moins d’être une mère monoparentale qui travaille 90 heures semaine et qui a 3 enfants en bas âge, ce n’est pas que vous manquez de temps… c’est que vous ne voulez pas le faire (ce qui est pas mal en soit, faut simplement se dire les vraies choses). Deuxièmement, le prix d’une assurance varie du simple au triple (et je suis sérieux là). Vous devinez donc que le montant économisé, au final, peut-être extrêmement intéressant (pour honnêtement, pas tant d’efforts). Les compagnies d’assurances peuvent changer leurs clientèles cibles, donnent des rabais aux nouveaux clients, ont des promotions sporadiques, donnent de nouveaux escomptes à certains types de clients (ordre professionnel, syndicat, …), etc. Il n’est pas nécessaire d’appeler toutes les compagnies. Après la troisième, vous avez souvent un portrait juste. De plus, en signant un contrat d’assurance de deux ans, vous vous assurez d’avoir un tarif gelé… indépendamment de ce qui vous arrive en termes de réclamation ou de mauvaise conduite (et retenez que vous pouvez résilier sans frais un contrat d’assurance automobile ou habitation sans pénalité après 12 mois).

  1. Ne pas épargner systématiquement

Rassurez-vous, neuf personnes sur dix ont de la difficulté à épargner. Vous admettrez que de trouver 20$ à toutes les semaines pour l’épargne, c’est relativement facile. Après, trouver 1040$ à la fin de l’année, c’est beaucoup plus difficile. Tous les petits montants que vous placez aujourd’hui vous apporteront de l’intérêt demain ! Napoléon avait beau être petit, cela ne l’a pas empêché d’être un grand homme. Chaque dollar compte quand il est question d’épargne. De plus, en optant pour une épargne systématique, vous bénéficiez des variations du marché et donc, achetez, par moment, des actions moins chères.

  1. Être émotif et irrationnel

Bah ouais, j’avais dit 5…

Si une personne vous propose un placement ultra sécuritaire à 15% d’intérêt par année, je suis désolé de vous dire que c’est une « crosse ». Dans la vie, quand c’est trop beau pour être vrai, c’est souvent parce que ce ne l’est pas. Quand les banques vous proposent du 2% pour un placement sécuritaire et que « Maurice » vous en offre 15% dans son sous-sol en banlieue de Montréal, courrez. Je sais, nous n’avons pas tous une passion pour les finances personnelles. Après, je pourrais aussi vous répondre que vous avez probablement magasiné pour la rénovation de votre cuisine ou pour l’achat de votre voiture (alors que certains n’y connaissent rien)… mais que de prendre le temps de s’informer minimalement pour le placement de l’argent qui vous permettra de vivre à votre retraite est, en effet, tellement moins important (j’adore le sarcasme). Vérifiez sur le site de l’Autorité des marchés financiers pour s’assurer que la personne qui gère votre pactole est bien enregistrée ou sur le site Internet de la SADC que votre argent est garanti en cas de problème.

Autre point (parce que je suis incapable de m’arrêter), quand il y a une baisse dans les marchés financiers… on prend un verre de vin et on ne panique pas. Regardez le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. Quand les bourses chutent, elles se redressent… avec toutes les opportunités d’achats que cela amène ! Si, au cours des cinq dernières années, vous avez fait un rendement de 6% annuellement et que les bourses plantent de 15% demain matin…. Vous avez quand même plus d’argent dans vos poches. Restez zen. Évidemment, n’oubliez pas que plus vous approchez de la retraite, moins votre exposition aux marchés financiers doit être grande.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

This blog is kept spam free by WP-SpamFree.