Maman, aide-moi!

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Ah! l’anxiété, ça ne touche pas que les grands… Les enfants peuvent être anxieux parfois, pour une situation précise, puis ça passe. Qu’en est-il quand un enfant est anxieux à temps plein? Il tombe, littéralement.

Au début, c’est: je ne peux pas aller à l’école / ça ne va pas ce matin / j’ai mal à tête, au ventre, au cœur… et vient le jour où il ne peut même plus aller à l’école, ni sortir de la maison, parce qu’il a peur. Des peurs que certains pourraient qualifier de farfelues, de stupides, de ben voyons donc il te manipule.

Mon enfant a développé de l’anxiété à une vitesse fulgurante. Au moment du point de non-retour, il était trop tard, je n’avais même pas vu venir! Suis-je une mauvaise mère? J’ai laissé mon enfant, mon « bébé » glisser dans les profondeurs de l’anxiété en ayant les yeux fermés. Il avait développé tellement d’évitement que lui-même ne s’en rendait plus compte. Il déjouait ce qu’on lui demandait: l’excuse parfaite était toujours à point.

On s’est mis à remuer ciel et terre afin d’obtenir des soins, une main tendue, mais il est incapable de sortir de la maison ou presque. Nous avions de la difficulté à nous rendre à ses rendez-vous et là, tout le système nous a laissé tomber parce qu’il y a un manque de volonté de sa part, selon ledit système.

Puis un jour, ça va mieux. Il arrive à rester seul un peu plus longtemps. Je pouvais vaquer à mes obligations et respirer un peu plus. Ouf sincèrement, je respirais mieux! Après une année, c’était bien, je pouvais enfin faire des projets pour moi-même, entrevoir un avenir.

La poudre de perlimpinpin, ça n’existe pas. Ben non!

Un jour, il est sorti de sa chambre en criant, en tremblant. Il avait des palpitations. Il m’a dit: Maman, maman, aide-moi! Je ne suis pas bien, j’ai comme l’impression que je vais mourir. Je ne veux pas mourir, aide-moi maman.

Mon cœur de maman s’est déchiré. Je me disais que ce n’était ni dangereux ni grave. Après cette crise, il irait mieux. J’essayais de lui faire comprendre que ce n’était que son anxiété, mais son cerveau ne « répondait plus »… il s’était poussé à Tombouctou. À partir de ce moment, les crises sont devenues fréquentes: jour, soir, nuit… plusieurs fois dans une même journée. Je ne savais plus quoi faire pour aider mon enfant.

Il a fallu prendre les grands moyens le jour où il m’a dit: si tu passes la porte, je me tue…

Je me disais tout au fond de moi qu’il ne ferait rien, c’était juste une façon de crier à l’aide, mais j’ai fait venir l’ambulance. Depuis ce jour, il reçoit les soins nécessaires. Et moi, j’ai dû prendre du recul.

Deux ans plus tard, il va un peu mieux. La guerre n’est pas gagnée, mais au moins les crises ont presque toutes disparu. Il sort un peu, mais c’est encore difficile. Il n’est pas retourné à l’école, j’ai toujours espoir qu’un jour, il se sentira assez bien pour le faire.

Nous ne sommes jamais prêts et souvent pris au dépourvu devant la maladie mentale. Encore plus quand elle touche un enfant. Je suis heureuse qu’aujourd’hui, en tant que société, on fasse des efforts et qu’on en parle plus. J’essaie d’ailleurs d’enseigner à mon fils qu’il ne faut pas avoir honte, qu’il peut en parler lorsqu’il est à l’aise. Qu’il peut expliquer sa condition aux gens. Je me dis qu’à force d’en parler, les barrières finiront peut-être par tomber.

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