réussi mon allaitement

J’ai eu un premier allaitement qui m’en a fait vivre de toutes les couleurs. Mais les sentiments qui restaient enfouis étaient globalement de l’amertume et beaucoup de tristesse. Je m’étais tellement battue, tellement acharnée, mais malgré toute la persévérance que j’y avais mise, ça demeurait une expérience amour-haine et j’avais encore plein de sentiments mitigés. Je vous ai raconté cette expérience dans un autre billet.

J’ai eu un deuxième bébé il y a cinq mois. J’ai encore choisi d’allaiter. Mais il y a beaucoup de choses que j’ai abordées différemment cette fois-ci:

  1. Je ne me suis pas fixé d’objectif d’allaitement. Parce que c’est quelque chose que j’ai vraiment vécu difficilement la première fois. J’ai décidé d’allaiter. Point. Le plus que je pourrai, mais sans me mettre de pression. La seule pression d’allaiter était bien suffisante, dans mon cas. Oui, j’ai décidé d’allaiter avec toute la bonne volonté du monde, mais connaissant mes défis. J’ai donc demandé de la dompéridone à mon médecin (on en a parlé dès le premier rendez-vous à 12 semaines de grossesse).
  2. J’ai décidé de ne laisser personne me faire sentir coupable. Sachant que je ferai mon possible, dans les circonstances.
  3. J’ai validé les ressources du Centre de Santé et de Services Sociaux (CSSS) avant d’accoucher, j’avais le bon numéro de téléphone à appeler. Pour ne pas attendre qu’eux m’appellent. Pour éviter que comme lors de mon premier accouchement, ils ne m’appellent qu’après 6 jours alors que je savais cette fois-ci que j’aurai besoin d’assistance dès mon retour à la maison.
  4. Je ne me suis pas seulement fiée à mon tire-lait maison, j’ai loué l’appareil en pharmacie. Pour la production de lait, c’est vraiment la façon optimale de travailler.
  5. Mais surtout, j’ai écouté mon intuition et j’ai navigué selon les situations au fur et à mesure et selon mon senti. C’est ce qui m’a le plus servi.

J’ai aussi été accompagnée là-dedans par un conjoint qui m’a soutenu sur toute la ligne. Tout en étant une référence, un phare. Il connaissait mes limites. Alors quand à l’hôpital alors que le bébé n’avait pas tout à fait 24 heures il a remarqué que le bébé était affamé (je n’avais même pas de colostrum, c’est tout dire), il me l’a mentionné doucement, mais fermement. Il m’a ouvert une porte pour aller demander du lait maternisé. Et franchement, j’avais besoin de sa force pour aller le demander à l’infirmière. En faisant fi des jugements et des commentaires désobligeants que j’ai pu entendre par la suite de la part d’une préposée aux bénéficiaires.

Parce que les préjugés sont tenaces. Y faire face alors qu’on est dans une période aussi vulnérable peut être difficile (si ce n’est qu’héroïque!).

Il n’y a pas de protocole à l’hôpital pour l’allaitement mixte. Aucun. Niette. Alors quand on commence, on ne fait plus partie des bébés allaités. Mais en même temps, on ne veut pas nécessairement tomber dans le protocole des bébés biberonnés.

C’était très clair pour moi que je ne voulais pas trop donner de lait au bébé, pour ne pas le gaver et lui enlever complètement l’envie de boire au sein. Alors, c’était une danse délicate, en commençant par 5 mL… puis 2 fois 5 mL et une incrémentation très douce et très intuitive. C’est mon intuition qui m’a le plus servi dans le processus.

Et dès ma sortie de l’hôpital, nous sommes passés par la pharmacie pour aller chercher la dompéridone, et ce avant même de passer à la maison. C’est aussi grâce à l’infirmière du CSSS (que j’ai contacté moi-même avant d’avoir un appel) que j’ai abordé mon allaitement différent. Nous avons parlé de stratégie, des outils et de la façon de faire, avant même qu’elle passe à la maison. C’est grâce à tout ça que j’ai pu maintenir mon allaitement différent.

Voici comment j’ai réussi ce second allaitement: j’ai allaité à chaque boire pendant 3 mois. Et par la suite, matin et soir jusqu’à quatre mois. Je ne me suis comparé à personne. Je ne suis allée dans aucune clinique d’allaitement. J’avais besoin de ma bulle et je la chérissais énormément. J’ai consulté une médecin spécialiste toutefois (c’est nécessaire pour le suivi dompéridone) pour me donner toutes les chances de succès.

Maintenant…

Il m’arrive encore de pester après le chauffe-lait quand je donne un biberon, parce que c’est pas mal plus long avoir la bonne température contrairement au sein. Mais bon, je me console en sachant fort bien que j’ai réussi mon allaitement envers et contre tous. Selon mes critères, et considérant mon problème de production de lait.

C’est mon deuxième allaitement qui m’a vraiment réconcilié avec tous les sentiments mitigés et les émotions tellement vives que m’avait laissé mon premier allaitement.

Et quand je lis des mamans ordinaires qui parlent de leurs défis d’allaitement (seins gros comme ça et tous les bobos qui viennent avec) et de comment elles vivent avec cela, il m’arrive d’avoir un sourire bienveillant, mais de vous envier un peu, juste le temps de vous lire. J’aurai tout donné pour connaître ces situations d’un allaitement conventionnel.

Je peux dire maintenant que je suis satisfaite et heureuse de mes allaitements et de la façon dont je materne mes bébés.

Je sais aussi que chaque personne fait son gros possible. Je n’ai plus le même regard qu’avant sur le biberon. Je m’abstiens de porter tout jugement quand j’en vois un. J’ai même discuté avec des femmes qui répondaient non quand je leur demandais si elles avaient allaité, pour réaliser un peu plus tard au fil des discussions qu’elles avaient allaitées, mais avec beaucoup de difficultés et pas longtemps. Ça illustre bien à quel point c’est un élément de la maternité dont on parle peu. Un sujet extrêmement sensible.

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