pas mettre de pantalons

Je partage très souvent le beau sur ce blogue; nos petits bonheurs, notre joie de vivre… mais ce n’est pas toujours comme ça. J’ai commencé à oser parler de notre quotidien sans filtre il y a quelques mois. Parfois, ça fait du bien de s’exprimer. Parfois, je sais aussi que de partager ce genre de tranches de vie peut aussi faire du bien aux parents qui vivent des situations similaires. Ce matin, nous avions les rendez-vous annuels médicaux des garçons. Quelque chose d’aussi simple que de se lever, déjeuner, s’habiller et se rendre à un rendez-vous pour 9h30 devrait bien se passer, mais non. Pourquoi? Mon grand ne veut pas mettre de pantalons depuis le retour de l’automne.

Ça fait un peu plus de 2 mois que mon grand ne veut plus sortir de la maison. Nous avons cherché et cherché à comprendre pourquoi, mais c’est seulement une autre « passe ». Comme quand il devait aller faire pipi aux 30 secondes. Comme quand il ne pouvait pas simplement répondre par oui, mais bien par oui-oui-oui. Il ne veut plus sortir depuis un moment, mais il acceptait de mettre des shorts pour les fois ou nous devions absolument sortir (aller chez de la famille, par exemple). Puis avec l’arrivée des temps froids vient l’arrivée des pantalons et ses pantalons, il ne les tolère pas. Ils sont trop doux, pas assez doux, trop serrés, pas assez serrés. Peu importe le modèle, il ne les aime pas.

À 9h, je savais que nous devions partir bientôt. Mon plus jeune lichait encore goulument ses toasts en prenant son temps… parce que c’est toujours ce qu’il fait et tous les autres jours, c’est bien correct de prendre son temps. Je mets mes plus beaux gants blancs pour lui demander si ce matin, il pourrait passer directement au croquage de toast au lieu de les licher intensément avant de les croquer. Je suis étonnée, mais il comprend. (Étonnée parce que j’avais eu à le réveiller ce matin et que ça n’avait pas bien commencé sa journée… il était de mauvais poil, un peu comme moi parfois!)

Mon plus gros problème ce n’était pas ça… c’était l’heure de s’habiller. Pendant que je mettais mes gants blancs pour jaser avec Fiston #2, j’entendais mon chum préparer mentalement le plus grand à devoir mettre des vêtements parce que « non, on ne peut pas aller à notre rendez-vous en bobettes ».

À 9h15, mon grand (de 6 ans) faisait une crise sur le plancher pour ne pas mettre ses pantalons. Ça fait mal au coeur de parents de voir ça. Quand il fait une crise, ce n’est pas de la colère, ce n’est pas un caprice qu’il a. On voit que l’idée de porter un pantalon l’incommode au plus haut point et ça le déstabilise dans tout son corps qu’on lui demande d’en mettre un.

Tout ce que j’avais en tête, c’était les affiches qui sont installées un peu partout à la clinique qui nous mettent en garde contre les retards et les absences au rendez-vous. Il nous avait fallu 4 ans à partir de la naissance de notre premier garçon pour avoir ENFIN accès à un docteur, je ne voulais pas le perdre. C’est ce que je lui ai dit: « je sais que tu ne veux pas mettre de pantalons, mais pour aller à notre rendez-vous tu dois en mettre. Si nous sommes en retard ou manquons notre rendez-vous, il pourrait y avoir des conséquences, nous pourrions perdre notre docteur et nous sommes chanceux d’en avoir un. Je ne veux pas ça. »

Je ne me sentais pas bien de lui dire ça; ça rajoutait un poids dont il n’avait pas besoin sur ses épaules. Il est déjà tellement anxieux. Mais c’est sorti tout seul…

Il a grogné, il m’a montré qu’il ne voulait pas mettre ses pantalons, mais il m’a laissé lui mettre. Ainsi que ses souliers. Et je lui ai dit de filer vers la voiture pendant que je barrais la porte.

Nous avons quitté la maison à 9h20. J’avais pas mal juste envie de brailler. Beaucoup de stress, beaucoup d’émotions, beaucoup de culpabilité… tout ça avec l’envie de me dépêcher.

Notre rendez-vous était à 9h30… à une dizaine de minutes de la maison si tout se passe bien sur le trajet. À et 29, mon chum me laissait devant la porte de la clinique et j’ai couru pour aller enregistrer les enfants. Bref, nous étions à l’heure. Mon grand a même demandé à l’infirmière et ensuite au doc si elles savaient pourquoi il n’aime pas mettre de pantalons… mais personne n’avait de réponses pour lui.

C’est con comme on peut penser à des détails insignifiants dans les situations de stress comme de « perdre notre place à la clinique ». Ça ne serait pas la fin du monde… avec quelques explications sur le pourquoi de notre retard, il y a probablement peu de chances que ça arrive aussi. Notre doc connait la situation avec Grand Fiston. D’ailleurs on y allait surtout pour lui parler du fait que nous n’avions jamais été appelés pour rencontrer LA (seule) spécialiste de notre région. Par chance, nous avons appris qu’il y a maintenant une deuxième spécialiste… alors on rajoute quelques mois d’attente, mais on devrait pouvoir enfin voir quelqu’un. Enfin avoir un portrait complet de la situation et je l’espère, obtenir des trucs pour nous aider au quotidien.

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