apprendre sans école

Comment vont-ils apprendre sans école? On ne m’a jamais posé la question directement, mais au début du mois de septembre, les médias populaires parlaient tous d’école à la maison et les commentaires sous leurs publications venaient prouver que l’instruction en famille est encore méconnue et jugée à tort par un certain pourcentage de la population. On juge souvent ce que l’on ne connait pas alors, ben franchement, je trouvais ça bien normal… mais je suis restée avec cette envie de venir expliquer exactement comment mes enfants apprennent sans aller à l’école et sans que je reproduise ce qui se passe à l’école non plus. Selon mon expérience, c’est un mélange de motivation intrinsèque (définition à venir) et d’un bon accompagnement de la part des parents.

Apprendre sans école: un exemple concret

J’ai mentionné il y a quelques mois que mon plus grand qui vient d’avoir 6 ans apprenait à lire par lui-même. Il apprend à son rythme et je sais qu’il peut le faire de mieux en mieux, car je l’entends lire dans son lit le soir. Je ne lui demande pas de me montrer comment il s’en sort; il n’apprend pas à lire pour moi, il apprend pour lui-même. Quand il a commencé, il avait un but précis; être autonome. Il souhaitait jouer à Pokémon et pouvoir lire l’histoire dans le jeu, il voulait pouvoir lire ses livres par lui-même, pouvoir lire ses encyclopédies aussi, car il adore approfondir les sujets qui le passionnent et même s’il y a tout le temps un adulte pas loin, nous ne sommes pas toujours disponibles au moment où il le voudrait pour faire la lecture.

Toutes ces raisons, c’était sa motivation intrinsèque à apprendre à lire. Il voulait apprendre à lire pour… lire. Il le fait pour lui-même et non pour une récompense, pour une note, pour nous faire plaisir ou parce qu’il sent que c’est ce qu’il doit faire.

De mon côté, j’ai trouvé des livres qui sont faciles pour débuter en lecture. J’ai également créé un aide-mémoire pour que mon garçon puisse avoir un petit coup de pouce, au besoin, lorsqu’il regarde un livre. À sa demande, je lui donne un coup de main. Je lui montre aussi que j’ai confiance en ses capacités, par exemple en lui demandant de l’aide (je ne porte pas toujours mes lunettes le soir haha!).

Motivation intrinsèque? Hein?

Je ne sais pas si j’ai entendu parler du concept avant mes études universitaires, pour être honnête. Je n’en ai pas souvenir, mais au bac, j’ai accroché au concept. En réalisant que c’était ce dont mon garçon avait besoin pour faire ses apprentissages, j’ai fait une petite recherche sur le sujet, dans un cadre académique, et j’ai trouvé quelque chose de très intéressant. C’est un extrait d’un livre d’enseignement qui compare la motivation intrinsèque à la motivation extrinsèque.

« Pour le dire plus simplement, la motivation intrinsèque est une forme de curiosité qui pousse à vouloir apprendre parce que l’objet de l’apprentissage suscite un intérêt. […] À l’opposé de la motivation intrinsèque, se trouve la motivation extrinsèque, ainsi qualifiée  parce que ce qui incite l’étudiant à réussir n’est pas ce qu’il apprend, mais plutôt l’attrait d’une  conséquence de sa réussite, par exemple, le désir d’obtenir telle récompense ou la peur de subir telle punition. […] Le  problème avec la motivation extrinsèque, c’est que l’apprenant  peut développer des stratégies efficaces pour obtenir ce qui le motive, mais sans construire des apprentissages durables. »  – François Guillemette (Source / extrait complet)

Ça peut difficilement être plus clair, je pense. Sans dire que la motivation extrinsèque n’est pas une bonne motivation, on comprend que ce n’est pas une bonne source de motivation pour que les apprentissages soient durables et si je replonge dans mes souvenirs je comprends tout à fait, c’est ce que j’ai vécu. Pendant mon parcours scolaire, la motivation principale de mes apprentissages, c’était simplement parce que je savais qu’il y aurait un examen sur le sujet. Je ne voulais pas apprendre pour parfaire mes connaissances, je voulais apprendre pour obtenir un diplôme. Il y a eu des exceptions, bien entendu; certains cours optionnels que j’ai choisis par passion et il y a probablement des sujets qui m’ont parfois interpellée plus que d’autres, faisant en sorte que j’avais envie de faire quelques lectures sur le sujet, mais sinon, je tentais d’être alerte pendant mes cours (pour ne pas avoir à « perdre mon temps à étudier ») pour pouvoir recracher le plus de matière possible sur mes feuilles d’examen. J’ai quand même bien réussi, je dois l’avouer.

Mon rôle de parent

En tant que parent, j’ai aussi un rôle très important dans les apprentissages de mes enfants:

(Je parle au « je » pour faciliter la lecture, mais je ne suis pas seule, nous sommes deux parents très impliqués.)

  • Je fournis un environnement qui est propice aux apprentissages; nous avons des livres en grande quantité à la maison et sur des sujets très variés.
  • J’encourage les différentes passions de mes enfants en m’assurant qu’ils peuvent continuer leurs apprentissages sur des sujets de leur choix. Ils croisent des notions importantes provenant de différentes matières scolaires même lorsque leur intérêt est dirigé vers un sujet en particulier.
  • Je reste disponible pour répondre aux questions, je fais une recherche si je n’ai pas la réponse.
  • Je laisse du matériel stimulant et éducatif à leur portée: des livres, des encyclopédies, des jeux d’apprentissage des chiffres et des lettres, etc. Ils apprennent tous les jours des notions en lien avec la langue française, l’écriture, la lecture, les mathématiques, les sciences, l’histoire, l’art et la musique.
  • Je leur propose des activités et des sorties en lien avec leurs passions… mais aussi en lien avec d’autres sujets qu’ils pourraient aimer découvrir.
  • Je leur offre des expériences d’apprentissages concrètes pour être fonctionnels en société et au quotidien (en lien avec les mathématiques, les sciences de la nature, l’histoire, etc).
  • Je leur offre aussi des opportunités sociales, bien entendu!
  • Je fais de la « traduction » entre ce que nous faisons au quotidien et ce que cela signifie en langage « officiel » pour les futurs suivis avec la Commission scolaire.

Ce n’est qu’un léger survol, je sais, mais j’espère que c’est maintenant un peu plus clair! Les enfants éduqués à la maison ne le sont pas toujours tous de la même façon, mais chez moi, c’est de cette façon dont ça fonctionne. Mes enfants ont beaucoup de liberté dans leurs apprentissages, mais ils ne sont pas laissés à eux-mêmes. En tant que parents, nous avons beaucoup de choses à faire, ce n’est pas un choix « easy pour avoir la vie facile« , mais oui, notre vie est tout de même plutôt tranquille et je n’ai pas de cadran qui me réveille le matin. Ah et il y a des règles à respecter dans la maison, également, ce n’est pas la jungle qu’on pourrait imaginer! Nous encourageons le respect et nous ne tolérons pas la violence… ah et il faut se brosser les dents! XD

Mes enfants sont jeunes et dans le moment, ça fonctionne très bien comme ça pour nous. Ne me demandez pas ce que je ferai lorsqu’ils auront 15 ans, nous ne sommes pas rendus là!

Quelques lectures sur l’instruction en famille:

1 commentaire

  1. Durant la petite enfance de Xavier, soit celle dans laquelle on nageait dans l’inconnu parce que les spécialistes ne savaient pas trop comment ça irait côté TSA (diagnostic écarté depuis 3 ans maintenant), de sa possible dyspraxie verbale qui semblait sévère au départ et dont on ne parle plus maintenant, etc., je m’étais dit que je finirais sûrement par être aussi l’enseignante de mon fils (je dis aussi parce que j’ai entre autre été sa physiothérapeute, son ergothérapeute, son orthophoniste, son kinésiologue… et toujours et surtout sa maman… et là, je ne voudrais pas exclure son papa qui en a fait tout autant). Bref, j’ai vraiment pensé durant un laps de temps de deux ans (de ses 2 à 3 ans et demi) que peut-être que l’école dite conventionnelle ne fonctionnerait pas du tout pour lui.

    Mais la vie a fait que par après j’ai oublié ça. Soudain, les connections du cerveau à mon fils ont trouvé un chemin qui l’a conduit vers la «normalité». Je mets normalité entre guillemets parce qu’en réalité, avec Xavier, tout se passe anormalement. À 3 ans et demi pile, il est devenu un véritable orateur avec un vocabulaire plus évolué que bien des adultes (méchant accent français qu’il a eu durant 2 ans… weird! son père est du Saguenay-Lac-St-Jean pis moi j’parle comme une abitibienne) et son père ainsi que moi nous nous sommes rendus compte qu’il savait compter et écrire au moins jusqu’à 1000. Il savait aussi additionner, soustraire, multiplier et diviser et était capable de se faire des tableaux Excel… À la maternelle, c’était devenu clair qu’il avait compris les concepts de la lecture, il lisait tous les mots et les livres (mais bon, ce n’était pas toujours limpide et il ne comprenait pas toujours ce qu’il lisait vu que ça lui demandait beaucoup d’efforts). Là, il est en 1ère année et comme il a toujours soif d’apprendre, bien qu’il aille à l’école, qu’il s’emmerde un peu des fois parce que c’est trop facile, je suis moi aussi (comme les parents qui font l’éducation académique à la maison) là pour le stimuler et lui enseigner ce qu’il veut apprendre drette là. Par conséquent, depuis début octobre, on jase politique, géographie et philosophie. D’ailleurs, fiston a un faible pour l’Allégorie de Platon. Ah oui! Les lettres cursives, c-a-d écrire en lettres attachées, c’est bébé faf! Ce n’est pas moi qui le dis, c’est lui… lolll

    Ah oui ! Pourquoi moi je l’envoie à l’école même s’il apprendrait sûrement plus de choses à la maison tout seul ou avec moi? J’crois que je voulais qu’il se fonde dans la masse malgré sa différence (seulement quand il court ou qu’il danse ou qu’il marche!!!). J’voulais qu’il regarde tous les autres drette dans les yeux et qu’il se sente dans le gang…

    Est-ce que ça marche ? Oui, la plupart du temps. lolll

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