chocolat collecte de fonds

La saison des collectes de fonds, période où nos valeurs et nos convictions prennent le bord pour quelques dollars. C’est pour une bonne cause? À première vue, qui remettrait en doute l’importance de l’éducation, des sorties éducatives et du matériel scolaire? Évidemment, pas moi! Les besoins sont toujours criants et le soutien des établissements rarement aux rendez-vous. Là où je m’interroge, c’est sur le concept et la formule. La grande majorité des enfants auront à vendre chocolat, bonbons, popcorn sucré… Rien de mal à se faire plaisir de temps en temps, mais une question s’impose: Pourquoi?

Alors que la santé et l’obésité sont au coeur d’une réflexion de société, pourquoi ne pas extrapoler ces valeurs et cet enseignement à toutes les sphères? Qu’on se le dise, la malbouffe a le monopole! Manger santé, sur le pouce, est présentement bien difficile! Des campagnes de pub invitent à “Cuisiner plus”. Il n’y a jamais eu autant d’émissions et de revue culinaires. Entraineurs et nutritionnistes marchent main dans la main afin de rééduquer et revoir les bases de l’alimentation.

On regarde les tableaux nutritionnels, on revoit les menus de cafétéria des écoles et des hôpitaux et on aura droit à un guide alimentaire canadien revampé sous peu. On se conscientise: pesticides, énergie durable, empreinte écologique, biodégradable, commerce équitable, achats locaux et fruits et légumes de saison font maintenant partit du vocabulaire et de la réalité même des touts petits. De plus en plus de produits biologiques sont disponibles dans les supermarchés. Le communautaire jardine, les toits sont verts et l’aménagement paysager est comestible.

Ma question demeure: Pourquoi?

Pourquoi accepter que 50-100-150 barres de chocolat de piètre qualité entrent par la grande porte de nos écoles et clubs de sport? Quel double message envoyons-nous?

Acheter pour soutenir pour que ça finisse à la poubelle est un gaspillage honteux et un important manque de respect pour ceux qui passent leur jeunesse dans des conditions injustes pour produire ce luxe d’autofinancement. Donner des sous en offrant aux petits de manger le chocolat à notre place… Really? Non, juste non!

En abordant d’autres personnes sur ce point, j’ai constaté que plusieurs avaient déjà entamé le pas vers des choix différents.

Voici des idées géniales pour rafraichir et surtout actualiser la traditionnelle collecte de fonds:

  • Une de mes clientes a acheté des produits absolument délicieux et naturels qu’un de ses collègues vendait pour l’école de son fils.
  • L’école Les trois soleils ont fait leur campagne avec des dictées sous forme de « gratteux ». Cela pourrait aussi être simplement une feuille avec des cases $, le nom du donateur et une liste de mots en fonction de l’âge de l’enfant. Pas très coûteux et super motivant pour apprendre à épeler des mots!

Équiterre recommande ces entreprises pour les collectes de fonds:

  • Accès Québec, un organisme à but non lucratif qui vise à faciliter la commercialisation et la distribution de produits régionaux, a pour sa part préféré offrir des produits locaux non périssables (confitures, miel, etc.) afin de permettre la préparation des paniers à l’avance et de faciliter la logistique pour les écoles.
  • Une autre entreprise, ATO, a pour mission d’aider les écoles à organiser des campagnes de financement à partir de produits locaux. ATO conseille celles-ci sur la mise en place d’une collecte de fonds, et entreprend des démarches auprès des producteurs afin d’obtenir des prix avantageux.
  • De même, le Conseil de développement bioalimentaire de Lanaudière, qui a coordonné une campagne de financement dans une école, souhaite étendre son projet afin de permettre aux écoles de sa région de mener des campagnes de financement à l’aide de paniers de légumes frais et locaux.

C’est notre première rentrée, en maternelle. Notre première collecte de fonds. J’ai 100 barres de mauvais chocolat à distribuer. Qui, qu’on se le dise, est tout de même emballé dans du beau papier. Les petits voisins, les clubs de sports, les écoles de la maternelle au secondaire, tout le monde a quelques choses à vendre. Il y a là un besoin et un problème réel!

Je crois que nous sommes rendus à revoir cette façon de faire et être à la hauteur de nos convictions.

On en parle?

Bonne campagne!

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Annick Bourbonnais
Annick Bourbonnais est maman de deux enfants. Accompagnante à la naissance, elle siège au CA de l'association québécois des accompagnantes à la naissance. Féministe engagée elle a réussi à contribuer à sensibiliser sur la condition des femmes enceintes sans couverture médicale. Sa plume lui permet de mettre en mots ses perceptions qu'elle partagera ici avec humour, profondeur et respect.

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