Ne plus courir après le temps

Je vois la vie autrement depuis un certain temps, je crois que le fait de côtoyer des aînées dans mon quotidien y est pour quelque chose. C’est comme si j’avais le privilège de voir la vie avec leurs yeux, je réalise alors la valeur de chacun de nos gestes du quotidien. Toutes les subtilités des plus banales et tout ce qu’on tient aujourd’hui pour acquis. C’est comme si leur sagesse était contagieuse. Ce serait génial si ça l’était, mais hélas, je suis bien loin de cet état encore. Haha! Ceci dit, j’ai un peu le vertige lorsque j’analyse ma vie parce qu’elle va si vite. Je sens que j’échappe des moments précieux qui ne reviendront jamais et ça me désole. Je me sens constamment à la course, mais à la course de quoi ? Je ne fais que courir après le temps, celui qui me file entre les doigts trop souvent ces dernières années.

Je n’ai pas encore 30 ans que je sens déjà mon âge me lancer des drapeaux rouges. Je me surprends à aimer des choses que ma mère et mes tantes auraient aimées dans le temps (oui, imagine tous les trucs quétaines possibles), ma vision me joue des tours comme jamais, je ne récupère plus aussi bien au manque de sommeil et je me sens totalement « out » lorsque j’essaie d’accompagner ma fille dans la préadolescence. Tous ces indices m’indiquent une fois de plus comment la vie fait son chemin à une vitesse folle et cette réalité, ça me fait rêvasser à un autre mode de vie. Celui de vivre lentement. Juste le mot me fait du bien. La vie que j’aurais si j’avais plus de temps pour faire du bénévolat, pour nourrir mon âme d’expériences enrichissantes et pour m’entourer de gens inspirants. Je ne comprends pas encore comment j’ai pu me laisser entrainer dans un monde où je dois adapter ma vie en fonction d’un emploi.

Aussi égoïste que ça puisse l’être, j’ai envie d’avoir le temps de voir mes enfants grandir parce qu’on va se le dire, ça pousse vite en titi ces belles petites bêtes d’amours! J’ai envie de pouvoir passer plus de temps avec mes neveux et mes nièces, de prendre soin de ma mère et de ma belle-mère. Je ne veux plus courir après le temps, je suis essoufflée, je veux prendre une grande marche avec lui et sentir qu’il m’accompagne. Combien de fois faudra-t-il se le dire que la vie est précieuse pour faire des modifications dans nos vies pour prioriser l’essentiel ? Pourquoi devrais-je vivre seulement une fin de semaine sur deux lorsque j’ai deux congés collés? J’ai envie de vivre avec moins, mais mieux. J’ai beaucoup de difficultés à croire que courir après le temps est une norme aujourd’hui alors j’en viens à me demander : « et si je partais demain, aurais-je le sentiment d’avoir profité de la chance que j’avais? Celle de vivre… »

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