Le RVER : la nouvelle bébelle d’épargne du gouvernement… pas toujours idéale

Partagez!

L’autre jour, j’étais en réunion pour l’un des conseils d’administration auquel je siège et nous abordions le point du RVER.

Depuis le 1er juillet 2014, le gouvernement provincial oblige les compagnies et organismes à offrir à leurs employés le tout nouveau RVER (Régime Volontaire d’Épargne Retraite), d’ici 2017. Une fois le RVER d’une entreprise en place, le taux de cotisation prélevé automatique en 2017 sera de 2 %, 3 % en 2018 et de 4 % en 2018. Pour résumer : si vous ne demandez pas le retrait, l’entreprise déduira de votre paye le pourcentage mentionné et le placera automatiquement dans votre RVER, dont le profil d’investisseur aura été préalablement déterminé. Le RVER est sous le même modèle que le REER ; il vous permet de diminuer votre salaire imposable lorsque vous remplissez votre déclaration de revenus.

De tempérament particulier, parait-il, je m’insurgeais avec toute la vigueur qu’on me connait face à cette intrusion du gouvernement dans les finances personnelles des contribuables. Je tiens à être très clair, je ne suis pas le genre de type à louanger le courant anti-gouvernemental. Mon objection au RVER n’est pas basée sur le fait que nos élus cherchent à favoriser l’épargne en prévision de la retraite, bien au contraire. En revanche, un des éléments souvent méconnus est que le REER (et donc par extension le RVER) n’est pas la solution miracle à tous les maux … puisqu’il fait gonfler le revenu imposable lors du décaissement et peut donc, dans certains cas, être nuisible.

Pour ce billet, je cible les faibles salariés. Si vous croyez que vos revenus à la retraite ne dépasseront pas les 17 000 $ pour un célibataire et 23 000 $ pour un couple, vous ne devez pas (selon moi!) prendre des REER ou cotiser à votre RVER. Ne vous méprenez pas. En AUCUN moment je vous suggère de ne pas cotiser à une épargne retraite. Je crois simplement que le CELI est un véhicule plus adapté à votre situation.

Pourquoi ? Parce qu’avec un revenu de retraite tournant autour de 17 000 $ pour un célibataire et de 23 000$ pour un couple, vous serez capable d’aller chercher le Supplément de Revenu Garanti (SRG), versé par le gouvernement fédéral. Le SRG est essentiellement une « prime » au versement de la sécurité de vieillesse que pratiquement tous les Canadiens reçoivent à partir de 65 ans (pour l’instant). Afin d’être admissibles à cette « prime », vos revenus imposables ne doivent pas dépasser les montants énumérés ci-haut. À la différence du REER et du RVER, le CELI n’entre pas dans le calcul de vos revenus imposables lorsque vous les décaissez.

En optant pour une stratégie d’épargne retraite qui favorise le CELI, vous pourrez décaisser votre épargne retraite, recevoir le montant de la sécurité de vieillesse ET recevoir le SRG.

Bref, en choisissant le CELI plutôt que le RVER ou le REER, vous réussirez à recevoir un montant plus élevé du gouvernement fédéral lors de votre retraite, tout en jouissant du fruit de votre épargne retraite, cumulé au cours de votre vie active.

P.-S. : Mais là, retenez qu’il faut épargner ! C’est uniquement le véhicule de placement qu’il faut adapter à la situation.

Autrice de l’article : Donald Desrochers

Avatar
Chialeux, célibataire assumé, accro à l'actualité, la politique et l'économie, je rêve secrètement, un jour, d'être capable de plier un drap contour seul.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *