Allez les « jeunes », sacrifiez-vous !

Partagez!

Trop souvent nous pensons que la stratégie parfaite, en termes d’épargne-retraite, est d’emprunter la voie du très coutumier REER. Longtemps l’unique véhicule de placement retraite, l’arrivée du CELI dans le paysage de l’épargne-retraite a bousculé beaucoup de choses.

Pour vulgariser, le REER (Régime Enregistré d’Épargne-Retraite) c’est essentiellement un placement qui vous permet de reporter (le mot report est important ici) l’impôt à payer sur les revenus gagnés. Bref, vous ne payez pas d’impôt aujourd’hui sur une portion de vos revenus, mais vous serez imposé lors du décaissement (lorsque vous les retirerez de votre compte REER) du capital et des intérêts. Puisqu’en théorie, le revenu à la retraite est inférieur au revenu de la vie active, l’impôt sur le décaissement sera plus faible (parce que notre système fiscal fonctionne par palier d’imposition).

Dans le cas du CELI (Compte d’Épargne Libre d’Impôt), vous placez votre épargne dans un véhicule qui vous fait payer l’impôt aujourd’hui sur les revenus gagnés, mais place l’ensemble des intérêts que ce montant produira à l’abri de toute charge fiscale. Aidé par l’intérêt composé sur un placement que vous faites tôt dans votre vie, le montant à l’abri du fisc est colossal.

Soyons francs. Bien qu’essentiel pour notre société, payer de l’impôt est aussi agréable que de vider une fosse septique à l’aide d’une paille (j’adore cette expression). Par contre, comme je le mentionnais plus haut, notre système fiscal est fait par paliers d’impositions. Ce que nous cherchons, c’est de faire diminuer notre revenu imposable pour réussir à changer de palier. Avec une saine stratégie d’épargne, vous pourriez diminuer cette facture fiscale lorsque vos revenus seront plus élevés.

Dernièrement, dans un article de ce blogue, je m’adressais aux faibles salariés. Aujourd’hui, je parle aux jeunes professionnels qui en sont au début de leur profession. Ceux dont le revenu du début et de milieu de carrière aura une disparité importante.

En théorie, un professionnel sait que le salaire qu’il reçoit aujourd’hui est inférieur au salaire qu’il fera dans un avenir plus ou moins lointain. Son imposition actuelle, sans déductions fiscales, est donc inférieure à l’imposition de demain.

Une stratégie que je trouve intéressante est de cotiser à votre épargne-retraite à l’intérieur d’un CELI au début de vie active, pour transférer le pactole (en tout ou en partie) dans un REER lorsque votre revenu d’emploi est plus important. Cette stratégie implique malheureusement que vous payez de l’impôt sur l’ensemble de vos revenus de début de carrière, sans bénéficier de l’échappatoire fiscale que vous apporterait un REER. Gardez cependant en tête que vos revenus, en début de carrière, sont plus faibles et donc, moins imposée que ceux de demain.

Certains vous diront que vous pouvez cotiser à votre REER et simplement ne pas déduire immédiatement l’allègement fiscal que vous procure le REER sur vos impôts. C’est vrai. Par contre, l’intérêt que vous ferez sur votre placement ne pourra pas être déduit de votre salaire puisqu’il est lié à un REER et non un CELI ! Pourquoi se priver de ces intérêts comme allègement fiscal ?

Pour résumer : dans un premier temps, vous acceptez de payer de l’impôt de façon modérée sur vos revenus actuels en plaçant votre épargne-retraite dans un CELI. Puis, lorsque vos revenus sont plus élevés, vous décaissez le capital et l’intérêt de ce même CELI (ou simplement une portion) pour le placer dans un REER, ce qui fait diminuer votre revenu au maximum et donc, par ricochet, votre imposition.

Optimiser, c’est s’enrichir !

Autrice de l’article : Donald Desrochers

Avatar
Chialeux, célibataire assumé, accro à l'actualité, la politique et l'économie, je rêve secrètement, un jour, d'être capable de plier un drap contour seul.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *