Il y a 3 ans déjà, je suis partie. Quand on me demande pourquoi, j’ai encore un délai de réponse parce que des fois je me le demande encore. La seule chose que je sais avec certitude, c’est que la fois où j’ai décidé de m’écouter et me faire confiance, je n’ai jamais regretté.

Pour commencer du début, je crois avoir toujours porté en moi cette envie de me réaliser toute seule. Que ce soit en partant dans de longs voyages a un très jeune âge pour mes activités artistiques ou même pour apprendre à faire du vélo sur 2 roues. Mon syndrome du “moi-toute-seule” a probablement donné son lot de sueurs froides à mes parents et aujourd’hui encore, mon entourage et est bien conscient “qu’on n’est pas sur le bord de la marier celle-là”. Je suis dotée de cette indépendance qui dépasse parfois les limites des normes sociales et j’ai peur de bien des choses, mais pas de me retrouver toute seule. Donc me voilà en pleine remise en question sur la vie. Une vie qui me contentait dans son minimum sur laquelle j’étais assise sans trop y penser… Oh oui, parce qu’il faut savoir que je suis une championne olympique du déni. Le genre qui monte le volume de la radio quand ma voiture fait un bruit bizarre…

Alors que j’excelle dans ma discipline favorite, la réalité me rattrape et que je réalise que ma vingtaine passe devant moi pendant que je suis là, juste assez confortable pour vivre au minimum. Le “moi-toute-seule” s’est réveillé d’un coup sec et j’ai eu une idée. Je pourrais partir. Me mettre au défi, me retrouver devant rien d’autre que moi-même.

Moi: “Je pense que j’ai un projet… Je pars, je déménage à 3 heures de route de chez nous et je recommence”

Reste du monde: “Euuuuh.. Ok..” (Insérez ici une face de ça-fait-pas-vraiment-de-sens-mais-j’ose-pas-te-dire-que-c’est-douteux-mais-je-le-pense-pareil et quelques doux bruits de criquets).

En principe, cette opinion populaire aurait dû me faire douter et m’amener a réviser le projet, mais non, pas cette fois. Cette fois, ce n’est pas un avis que je demandais. J’informais plutôt les gens de ma décision. Je reviens donc d’une escapade d’exploration en Outaouais (parce que je n’avais aucune idée où c’était donc ça me semblait idéal pour aller me perdre un peu) avec un bail en main et je jubile à l’idée de composer ma lettre de démission. Sans même exagérer, aller la porter à ma patronne me fait le même effet que Justin Bieber sur une ado de 14 ans.

Comme je suis ce que je suis, rien n’est laissé au hasard. Mon risque est calculé et bien subdivisé en 4 fichiers Excel. J’ai environ 75 listes de toute sorte et je serais bonne pour avoir des parts chez Post-it. Je n’ai pas encore d’explication claire, mais je pars, j’y crois, je me lance. Ça, c’était la fois où j’ai eu confiance.

Tout est organisé à l’intérieur d’un mois, j’ai un appartement, un emploi, une Visa Brault et Martineau pleine d’accessoire de nouvelle vie, j’entraîne mon chat à aller dans sa cage avec des minouches chaque jour en vue du trajet en auto (ça prenait bien un peu d’irrationnel dans mon histoire), bref, je suis confiante et je n’ai aucun stress. Sauf une fois. La fois où un camion est parti de Longueuil avec comme contenu tout ce que je possède et que je me suis dit, “Mettons… Mettons qu’il décide de niaiser et ne pas me retrouver à l’autre bout”. Moi et le chat dont l’entraînement au voyage en cage n’a donné strictement rien quittons pour Gatineau. Quand je vois le camion arriver à l’appartement, je recommence à respirer. C’est fait, je suis partie et je suis arrivée, tout ça dans la même journée.

3 ans déjà. J’y pense environ chaque jour. Parce que je suis confrontée aux conséquences de mes choix comme l’ennui de mon monde, manquer des célébrations importantes, devoir mettre des occasions et des gens de côté malgré moi ou réaliser combien mes filleules ont poussé sans m’avertir au préalable. Mais depuis 3 ans, je suis confrontée à moi-même. Chaque personne qui a été sur mon chemin a sa raison d’être, chaque épreuve me prouve combien tout arrive pour une raison. J’ai appris à profiter du temps que je passe dans mon coin, et je réalise combien je suis tout aussi heureuse de revenir chez nous.

Ce que je veux surtout te dire, toi, la personne qui prend 5 minutes de sa vie pour lire mon récit, c’est que quand on y croit, ça se peut. Quand on est convaincu, c’est possible. Et surtout, quand on cesse de vouloir entrer dans un moule qui n’est clairement pas fait pour nous et qu’on choisit son propre moule, ça donne de bien belles choses.

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