Ce que je ne dirai jamais à mon fils

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Ce matin, j’ai appris qu’une connaissance était décédée. Même âge que moi, en couple, avec un bébé. La maladie l’a sauvagement emportée. Comme je le fais souvent, je me suis transposée dans sa vie et avec beaucoup de frustration et de peine, je me suis dit que la vie peut être atrocement cruelle. Quelle douleur de se laisser partir en disant adieu à son petit bébé! J’ai la gorge nouée, juste d’y penser. C’est une éventualité qui ne devrait même pas exister.

Ce sont des histoires comme celle-là qui me garrochent en pleine face toutes mes peurs et mes phobies qui m’habitent encore plus depuis que je suis maman. J’ai peur. J’ai peur de plein d’affaires.

Je regarde les nouvelles et j’ai peur. Les bébés oubliés dans des voitures, les enlèvements, l’intimidation, la violence, la délinquance, les attentats n’importe où n’importe quand, qui tuent n’importe qui.

J’ai peur de la maladie. L’imprévisibilité de sa propre mort ou de celle de ceux qu’on aime est hyper angoissante. Depuis que je suis sa maman, je n’ai plus le droit de mourir, en tout cas pas avant d’être vieille, ratatinée et de boire de la crème de menthe verte!

J’ai peur qu’il lâche ma main, que quelqu’un lui fasse du mal, de le perdre au centre commercial, de croiser un chauffeur fou. Je suis responsable de nous maintenir en vie, ce n’est pas rien!

Il a besoin de sa mère. Je dois être là pour lui, je VEUX être là pour lui. Je veux réaliser ses rêves, lui apprendre à marcher, à nager, le consoler, l’écouter respirer en dormant, sentir ses cheveux, l’applaudir à son premier concert de flûte, assister à chacune de ses parties de soccer, l’aider dans ses devoirs, danser avec lui, caresser son dos pour l’endormir, l’entendre hurler de rire quand je le chatouille…Je veux pouvoir lui dire à quel point je l’aime vingt fois par jour.

Le bonheur est parfois aussi solide qu’un radeau dans une tempête sur l’océan. J’aimerais préserver ce bonheur qui m’appartient. La vie est fragile, précaire, si précieuse. J’essaie d’utiliser mes peurs positivement pour vivre encore plus fort et intensément. Je suis une adepte du « pense pas à demain, on vit maintenant, comme si demain n’arrivait pas ». Je veux affronter mes peurs et lâcher prise sur tout ce que je n’ai pas le contrôle.

Je ne lui dirai jamais que j’ai toutes ces peurs, je ne veux pas non plus le surprotéger. Et lorsqu’il aura ses propres angoisses, je l’aiderai à les mettre en mots, à les exprimer, les surmonter et à renforcer son courage pour qu’il puisse les affronter. Mais je lui dirai peut-être que j’ai un peu peur des araignées. 🙂

Retrouvez-moi sur MAMA’TERNITÉ.

Autrice de l’article : Caroline Tassé

Professionnelle des communications et du marketing, Caroline est, aussi et surtout, une maman dédiée à sa famille et passionnée par la vie et les petits bonheurs du quotidien. Elle s’extasie et s’émerveille devant cette incroyable aventure qu’est la maternité, à travers les yeux du plus merveilleux des garçons.

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