hypersensibilité sensorielle

Quand on lit ou qu’on se fait dire qu’un enfant a une hypersensibilité sensorielle, ça vient généralement avec quelques phrases qui expliquent globalement ce que ça peut vouloir dire. Je dis « peut » vouloir dire parce que comme pour toute, chaque individu va le vivre à sa façon. Mes deux enfants ont des hypersensibilités sensorielles et ne les vivent pas de la même façon. Ils ne sont pas sensibles aux mêmes choses… Et je comprends. Je comprends tellement ce qu’ils vivent… parce que moi aussi, je vis avec une hypersensibilité sensorielle… Encore. À l’âge adulte… Plus précisément tactile et auditive. Pour mieux comprendre ce qui peut se passer dans la tête d’une personne vivant avec de l’hypersensibilité sensorielle, j’ai décidé de mettre en mots mes difficultés.

Quand j’étais petite, je ne savais pas ce qu’était l’hypersensibilité sensorielle. J’ai découvert le terme en lisant sur les différences de mon premier garçon. Je me reconnaissais tellement. Mon hypersensibilité est surtout tactile et auditive. Ce que je me souviens surtout de mon enfance, ce sont les vêtements que je n’aimais vraiment pas, d’autres qui laissaient toujours des marques sur ma peau même s’ils n’étaient pas trop petits ou trop serrés. Ah et… des aliments que je ne pouvais juste pas mettre dans ma bouche, dont seule la texture me donnait des hauts le coeur. Pour l’époque, j’imagine que j’avais plutôt l’étiquette de “fille difficile”…

Hypersensibilité tactile

Encore aujourd’hui, j’ai beaucoup de problèmes avec tout ce qui entre en contact avec mon corps. Le stress vient également augmenter ma sensibilité tactile. Pour moi, ça veut dire que pour être bien, je dois, par exemple:

  • porter des gants en latex pour ranger une brassée de linge propre. Tous ces tissus avec des textures différentes, c’est trop pour moi. Je ne me sens pas bien par en dedans, ça me fait mal par en dehors;
  • faire attention aux vêtements que je porte. Éviter ce qui pourrait frotter, serrer. Parce que mon corps va réagir, ce n’est pas que dans ma tête. Lorsque j’étais ado, autant l’idée de porter des jeans me faisait plaisir (car c’était réservé aux weekends), autant je me souviens avoir eu à me pratiquer, car mes doigts n’aimaient vraiment pas être en contact avec ce tissu.
  • accepter que certaines textures alimentaires me lèvent le coeur. J’ai travaillé beaucoup l’alimentation… c’est fou tout ce que je mange maintenant, mais il reste encore de nombreuses choses que c’est juste NON… juste à cause de leur texture.
  • comprendre que je suis consciente fois mille de chaque particule que je touche et faire attention ne pas me surstimuler à ce niveau.

Hypersensibilité auditive

Pendant longtemps, j’ai simplement dit aux gens que je croisais que j’avais une légère surdité… parce que c’est la façon la plus facile de nommer comment je me sentais par rapport aux sons. Je peux être dans une conversation et ne pas être en mesure de suivre parce qu’il y a un bruit de fond. Un peu comme si mon oreille “ne sait plus quoi écouter”. Oubliez-moi dans les conférences téléphoniques ou les appels venant d’un téléphone qui griche… je me sens perdue. C’est probablement la raison pour laquelle je n’aime pas vraiment interagir dans les événements de type 5@7… impossible pour moi de suivre une conversation.

Dans la vingtaine, je pouvais majoritairement être trouvée dans un endroit public avec des écouteurs sur les oreilles. MA musique dans le tapis, je me sentais bien. Le bruit du centre d’achat, la musique agressante des boutiques de vêtements, c’était juste impossible pour moi.

Aujourd’hui, c’est encore un défi tous les jours. Quand quelqu’un me parle dans la maison, je fais de grands efforts pour écouter, mais parfois c’est trop difficile. Je dois aller fermer la musique qui joue, le ventilateur de la salle de bain ou celui de la cuisinière pour être en mesure d’avoir une conversation avec les membres de ma famille. Je me “fâche” aussi parfois contre le bruit… même si personne n’est en train de me parler. C’est parfois juste “trop” pour moi s’il y a plusieurs sources de bruits en même temps et je dois en arrêter quelques-unes pour ne pas avoir envie de faire une séance de kickboxing sur le champ.

Je n’ai pas vraiment le contrôle sur ces choses, mais je suis habituée. J’essaie de me mettre surtout dans des situations dans lesquelles je n’aurai pas trop à dépasser mes limites. Je me suis développée des trucs (comme de mettre des gants pour le ménage et le lavage, même si j’ai l’air freak). Il arrive encore que la surstimulation me fâche et me donne envie de quitter un endroit ou une conversation. Et je suis une adulte… avec une trentaine d’années d’expériences en la matière. Alors oui, quand mes enfants vivent quelque chose de difficile, que leurs sens sont surstimulés, je comprends. Je comprends ce qui se passe et je comprends qu’ils puissent avoir besoin de réagir aussi. Et j’espère que de vous expliquer ce que je vis avec mes mots d’adultes pourra vous aider à comprendre ce que les enfants dans une situation similaire peuvent vivre 😉

Publicité

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

This blog is kept spam free by WP-SpamFree.