mort d'un proche

J’ai côtoyé la mort à quelques reprises par l’intermédiaire de mon ancien travail. Je n’ai jamais eu la peur des corps sans vie, mais j’ai affreusement peur de la mort elle-même. J’ai peur de mourir, mais aussi, que les gens décèdent autour de moi.

J’ai été heurtée à des réalités très tristes, mais heureusement, j’ai aussi connu des réalités beaucoup plus sereines. Sans se douter de quoi que ce soit, ces personnes font maintenant partie de moi. Elles ont marqué ma vie, chacune à leur manière et certaines plus que d’autres. La personne qui m’a fait cheminer le plus est une femme qui avait décidé d’utiliser l’aide médicale à mourir. C’était la première fois que je devais faire face à ce genre de situation. J’étais un peu déstabilisée parce que j’étais convaincue qu’une personne qui aurait décidé d’en finir aurait automatiquement l’humeur dans les talons et avec raison! Pourtant, madame était chaleureuse et semblait même être en paix. Une paix intérieure qui ne s’invente pas. Elle nous parlait de sa vie et de ce choix qu’elle assumait totalement. Au moment où elle m’a dit « je n’ai pas choisi de naître, je n’ai pas choisi cette maladie alors je vais choisir le jour où je partirais », j’ai compris. Elle a pris quelques jours pour écrire des lettres à ceux qu’elle aimait. Puis quand est venue LA journée, qu’elle avait préalablement choisie, ils se sont tous réunis dans la chambre. Il y avait une sorte d’énergie lumineuse dans cette pièce, une sorte de magnétisme qui me captivait totalement.

Depuis, ma peur de la mort ne résonne plus aussi fort qu’avant. J’ai compris. J’ai compris qu’en acceptant cette étape inévitable, je me donnais un certain pouvoir pour apprivoiser cette réalité. Dans le cadre de mes fonctions, je n’avais pas à avoir d’opinion à ce sujet. Toutefois, cette femme qui n’est plus aujourd’hui m’a légué un énorme cadeau. Elle m’a donné le plus bel exemple pour démontrer que notre attitude change absolument tout dans la vie. Et donc depuis ce jour, je ne vois plus le corps humain de la même manière.

Je vois mon corps comme un véhicule, le véhicule de mon âme. Je pense que cette constatation prend tout son sens lorsque l’on est confronté au décès de quelqu’un de notre entourage. Le corps inanimé d’un être cher devient, en un instant, uniquement une enveloppe corporelle aux yeux de la société et sa vie devient automatiquement qu’un souvenir pour certains car sans âme notre corps n’est qu’un véhicule. Alors à partir de maintenant, fais en sorte que les souvenirs que tu laisseras dans la tête des gens te représenteront totalement.

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