père merveilleux

La fête des Pères n’est pas une belle journée de pêche pour tout le monde. Ce n’est pas tous les papas qui reçoivent le fameux porte-clé #1DAD non plus. Celle de mon père ne ressemble plus à ça depuis bien des années déjà. Chaque année, je ressens plutôt une grosse boule en moi juste à y penser et j’ai de la difficulté à admettre que même adulte, je ressens le besoin d’exister à travers son regard. Je ne comprends toujours pas et ne comprendrai probablement jamais comment un père présent pendant 15 ans peut, du jour au lendemain, fuir et ne plus s’intéresser à ses enfants.

Je trouve ça lourd à porter parce que je me demande si c’est parce que je n’ai pas été une enfant suffisamment bien pour lui. C’est facile de dire « c’est lui le pire », mais la vérité c’est que cette absence me blesse et ça me fait souffrir lorsque mes enfants me demandent « c’est qui ton papa? » En plus, je sais qu’il est quelque part dans le monde à vivre sa vie comme s’il n’avait jamais eu d’enfants. C’est probablement pour cette raison que je me sens over admirative quand je vois des papas avec leurs enfants. J’ai toujours envie de leur dire « on ne se connait pas, mais j’espère que tu es fier de toi parce que moi je le suis! » C’est comme les scènes de films où le père est fier de son enfant, elles me volent toujours un bon 2 litres d’eau de mon corps. T’sais, je le sais que dans le fond je fais un transfert d’émotions avec ma propre vie et que j’aurais juste aimé ça ressentir la fierté que mon père aurait eue pour moi. C’est un sujet qui reste toujours à vif, encore aujourd’hui j’ai de la difficulté à en parler de vive voix.

C’était important pour moi de choisir un père avec des valeurs familiales sincères pour éviter le plus possible que mes enfants vivent ce sentiment d’abandon. D’ailleurs, mon conjoint est l’homme que j’admire le plus au monde. Je suis souvent épatée par le naturel de ses qualités et de ses valeurs, même si je chiale souvent. Ce n’est pas parce qu’il n’est pas doué, mais bien parce que j’ai encore le réflexe de vouloir tout gérer: les fêtes d’anniversaires, les effets scolaires, les weekends, etc. Un moment donné, il m’a mentionné qu’il souhaitait avoir plus de place dans l’organisation du quotidien et les décisions à prendre. Il avait raison, mais comme j’étais un peu secoué de cette demande, je lui ai laissé le champ libre. Sur le coup, j’étais un peu insultée parce que je croyais que ça voulait dire qu’il trouvait que je n’y arrivais pas alors que ce n’était pas du tout le cas (je ne suis pas douée pour les suppositions il faut croire haha.) J’avais peur aussi parce que je savais qu’il ne ferait pas les choses comme moi, mais finalement, j’ai vu ce jour-là que ce n’était pas négatif pour autant. Les enfants savent qu’avec papa c’est comme ça et qu’avec moi c’est autrement. La place du père a évolué avec le temps et c’est tant mieux pour tous les membres des familles. Je n’ai jamais eu à le convaincre de se lever la nuit, de changer des couches, de s’occuper des enfants ou de les faire manger. Juste pour ça, à chaque année qui passe, ça me confirme que c’est le bon. J’aime savoir qu’il se sent autant papa que je me sens maman. Être papa ce n’est pas juste être celui qui aide à la conception d’un enfant. Un père ce n’est pas une mère, mais n’est pas moins important pour autant.

Être un père est une grande responsabilité lorsqu’on la prend à cœur et les papas précieux doivent être reconnus à part entière.

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