secondaire a la maison

Ma grande est passionnée de robots. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous avons choisi de commencer le secondaire à la maison pour elle. Si je l’avais envoyé dans un établissement scolaire, je me dis qu’elle aurait manqué de temps pour cette passion et pour toutes les autres choses qui l’allument bien davantage que de passer ses journées sur les bancs d’école.

Avec sa passion, elle apprend à suivre un plan, en anglais la plupart du temps, à relier des composantes électroniques et à programmer. Ses exposés oraux se font chaque fois qu’elle nous parle de ses robots, mais surtout, chaque fois qu’elle en parle à l’extérieur du cercle familial. Le français écrit, elle le travaille lorsqu’elle rédige des textes à propos de ses robots. Un peu obsessif, les histoires de robots? Peut-être bien, mais mon ado adore ça et c’est ce qui compte pour moi.

Une autre raison pour laquelle nous avons choisi de débuter le secondaire à la maison, c’est la maladie des tissus conjonctifs dont elle est atteinte et dont les symptômes se sont manifestés beaucoup plus dans les deux dernières années. Avoir les tissus fragiles et se déboîter les articulations régulièrement, ce n’est déjà pas génial. Lorsque ça arrive n’importe quand et n’importe où, si n’importe quand c’est juste avant un examen et n’importe où dans une classe de trente élèves, ça peut devenir fortement embarrassant. Nous sommes en attente pour voir les meilleurs spécialistes, mais en attendant, la meilleure façon d’avoir un horaire flexible et de respecter la tolérance au travail dictée par cette maladie rare, c’est de s’organiser à la maison.

Le syndrome d’Ehlers-Danlos, est méconnu. Dans les activités parascolaires de ma grande, nous croisons deux types de personnes : ceux qui regardent sur Google, se font peur et ne la laissent rien faire et ceux qui pensent que c’est une nouvelle mode et ne tiennent pas compte des limitations causées par la maladie. Ça aurait été très difficile de gérer ça dans le cadre scolaire. Déjà, avec ses activités parascolaires, ça peut être compliqué.

Le plus difficile avec l’adolescence et l’école à la maison, c’est de leur offrir une vie sociale intéressante. Selon moi, comme parent, il faut absolument se tenir informé de ce qui se passe dans notre ville et qui s’adresse à nos jeunes. La mienne a choisi les cadets de la marine comme activité principale. Croyez-moi sur parole, les cadets, ça vous meuble une vie sociale d’adolescent assez vite. Personnellement, il m’a été impossible de l’envoyer à toutes les activités offertes. Il y en avait pratiquement toutes les fins de semaine! Signer pour une année dans les cadets, c’est apprendre à faire du bénévolat, avoir accès à des formations intéressantes et même, apprendre à faire face à des situations de conflit. De la même façon qu’elle pourrait avoir un conflit avec une enseignante dans un milieu scolaire, ma grande ado a un conflit avec une personne en autorité dans son activité. J’encourage ma fille à persévérer dans son activité puisqu’elle s’y est faite de bons amis et qu’au bout de l’aventure, ce sont les bons moments avec les gens qu’elle apprécie qui occuperont ses souvenirs. Elle aura sûrement oublié son conflit, mais se souviendra des fous rires avec les autres cadets, des journées de formation et des soirées d’instruction.

Ma grande est aussi une musicienne. Elle apprend la clarinette. Comme ce n’est pas mon instrument, elle fréquente une école de musique de la région. Elle sait ce que c’est que d’avoir un enseignant, de l’étude et des devoirs. Elle ne s’en sauve pas. Toutes les semaines, elle doit montrer des progrès, comme une jeune qui ferait partie d’un ensemble musical scolaire. Elle n’a pas fait de spectacle et n’a pas à se battre avec d’autres pour la place de soliste dans un morceau X, mais elle joue de mieux en mieux et c’est le but. Mes deux plus jeunes adorent écouter leur grande sœur jouer de la clarinette. Présentement, elle travaille sur un morceau de Pirates des Caraïbes et son public préféré est captivé par sa prestation. Son petit frère, actuellement âgé de trois ans, attend son violon avec impatience pour pouvoir jouer pour ses sœurs.

Qu’il y ait ou non une maladie rare dans l’équation, faire le secondaire à la maison plutôt que dans une école, c’est allumer et nourrir des passions. Lorsque ma fille assemble un robot ou démonte un petit appareil électronique, son corps et son esprit sont en parfaite harmonie. Elle semble flotter à l’extérieur du monde. Il n’y a rien d’autre qui compte que ce qu’elle regarde, ce qu’elle tient dans ses mains. Elle apprend en autodidacte et nous l’explique ensuite. Dans sa chambre, sur une tablette, elle garde des pièces d’appareils, des aimants, des fils, des morceaux de robots qui se sont détachés du projet d’origine. Ils attendent qu’elle trouve comment les utiliser.

Mon travail de parent, c’est de jeter régulièrement un œil sur ses découvertes et d’en provoquer de nouvelles. Je suis là pour semer des informations. Régulièrement, j’imprime des articles concernant les nouvelles découvertes en robotique ou je lui donne des liens intéressants à consulter. Et au travers de ce qui la fait vibrer, je glisse des informations sur d’autres sujets. Parfois, j’utilise la curiosité de mon fils pour pousser sa grande sœur. Il n’y a rien comme les questions d’un petit bonhomme de trois ans pour provoquer des recherches. Une question du petit frère en amène une autre et puis un documentaire sur YouTube fait naître la passion d’une époque passée, d’un peuple disparu ou d’une nouvelle science.

Ma grande ira probablement terminer son secondaire dans une école publique, mais pour l’année qui vient, ce sera une autre belle aventure en famille pour nous.

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