Écart générationnel – Mode de vie écologique, pas que pour l’écologie!

Mes enfants le savent. Certaines choses vont au compost, d’autres à la récupération et, lorsqu’il le faut vraiment, on utilise la poubelle. Ils ont toujours fait comme ça. Pour ma grande ado, c’est facile. Tout se passait bien jusqu’à ce qu’on aménage avec Mamie. Dans sa jeunesse, le compost n’était pas connu et le recyclage n’existait pas vraiment. Le nouveau concept, c’était l’usage unique, le jetable. Le progrès, c’était la couche jetable et les sacs à sandwichs refermables en plastique. Je me souviens encore de mon sandwich au jambon écrasé par mon jus et mon pudding au caramel dans ma grosse boite à lunch en plastique jaune qui avait l’air d’une valise. Je mangeais quand même. La norme, c’était ça. Mon sandwich aplati était bien loin d’être un cas isolé à l’école.

Je suis le genre de fille qui fait les lunchs avec des plats robustes et qui les lave même quand les enfants les ont oubliés un moment et qu’ils puent un peu. J’ai trois enfants. J’ai utilisé et j’utilise encore des couches lavables. J’ai des pailles réutilisables, des sacs à fruits en tissus et je fais régulièrement mes activités à pied. Oui, ça demande du temps, mais j’aime bien. En plus de convenir à mes valeurs, ça me permet de rester en forme et de passer davantage de temps avec mes enfants. Nous vivons souvent des moments extraordinaires lors de nos déplacements avec la poussette. Cette semaine, mon fils et moi sommes passés sur une rue en réparation. Mon petit homme a pu observer avec attention la machinerie utilisée et s’est vu offrir une paire de bouchons antibruits par les travailleurs. Quand on est un petit homme de trois ans passionné par les gros camions robustes, un moment comme ça, c’est encore mieux qu’un soir de fête! Si nous avions accepté l’offre de transport en voiture, ce moment magique avec mon fils n’aurait pas pu exister. Comme les travaux ne sont pas terminés, je fais exprès de passer sur cette rue même si ça demande un peu plus de temps. Le visage de mon fils émerveillé, ça ne s’achète pas. Le souvenir de son sourire est à moi pour toujours. Le spectacle est gratuit et n’est jamais le même.

Vous arrivez à nous imaginer dans la même maison? J’avoue que parfois, c’est difficile de s’entendre. Mes enfants partagent mes valeurs écologiques et Mamie trouve difficile de s’y adapter. Mes enfants fonctionnent généralement bien entre eux et cherchent à passer du temps les uns avec les autres. Ma grande aime prendre des marches avec son frère et répondre à toutes les questions qu’il pose sur le chemin. C’est un moment à eux. Assis dans la voiture, ce n’est tellement pas la même chose! Le paysage défile tellement vite que le temps de répondre à une question, on n’en voit déjà plus l’objet. Mamie, qui marche peu, ne voit pas les choses du même œil. Elle ne comprend pas pourquoi je marche autant alors qu’il y a une voiture, la sienne, dans notre entrée. Je ne dis pas que les voitures sont mauvaises et devraient disparaître pour sauver la planète. Je ne suis pas de ce genre. Je préfère seulement être plus active et garder la voiture pour les déplacements plus longs ou complexes.

J’en ai souvent marre de répéter que le compostage est maintenant une obligation pour tous. Une petite pelure de banane à la poubelle, ce n’est rien en soi, mais à la longue, on finit par reprendre la mauvaise habitude de tout jeter. Elle trouve que le bac extérieur sent vraiment trop mauvais et j’avoue que, sur ce sujet, je partage son opinion. Notre bac brun pue et si quelqu’un a un truc miracle pour changer ce fait, je souhaite vraiment être mise au courant. Depuis que le compostage est une obligation, Mamie trouve que le ramassage des vidanges devrait se faire plus souvent. Mon ado a tenté de lui expliquer que, lorsqu’on utilise les bacs de la façon dont nous devrions le faire, tout va bien. Je crois que la discussion finira par porter ses fruits, mais peut-être pas tout de suite. C’est difficile de changer les mentalités, même dans sa propre maison. Il faut du temps, de l’énergie et des expériences positives. Je prendrai sûrement du compost de la ville au printemps pour notre jardin. Ça aidera toute la famille à se faire une idée plus concrète de l’utilité de notre bac puant.

Historiquement parlant, les produits à usage unique ont déjà été la meilleure chose qui pouvait arriver dans une famille. À l’époque, les femmes avaient une douzaine d’enfants et faisaient la lessive à l’aide d’une planche à laver. Présenter des couches de papier à une femme dans cette situation, c’était devenir un héros. La génération suivante a voulu, avec raison, se faciliter la vie. J’essaie de m’en souvenir lorsque je tombe sur un « sac de sacs de plastique » ou que le bac à compost n’est pas utilisé à sa juste valeur.

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