Anxieté

Hey, ma chérie! C’est maman. J’avais envie de t’écrire une petite lettre pour te partager mes pensées, celles que je n’ose pas te dire ou que j’aurais la maladresse de te partager tout croche. Je le sais que je ne suis pas toujours claire et c’est pour cette raison que je me suis dit que ce serait probablement mieux à l’écrit.

Premièrement…

J’aimerais te dire que je m’excuse, je m’excuse de ne pas t’avoir crue plus tôt. Ta personnalité extravertie m’a souvent amenée à douter lorsque tu me confiais tes peurs, puis juste pour ça, je suis gênée. Je ne suis pas bien fière d’être celle qui te connaît le plus au monde et d’avoir toujours l’impression que je ne te connais pas à 100 %. Pourtant, ce n’est pas comme si on avait rarement du temps ensemble, c’est plutôt le contraire. Tu es plus avec ta mère qu’avec tes amies, même pendant les congés. Pourtant les signes étaient évidents, même que tu les verbalisais très bien, mais j’ai fait la sourde oreille plusieurs fois. Je ne sais pas si c’est parce que j’étais dans le déni parce que je te voyais si forte et que ça ne se pouvait pas que ma fille subisse des peurs que je considérais comme improbables. J’avais mélangé les choses parce que je le sais tellement au fond qu’avoir peur n’est pas un signe de faiblesse. Peut-être que je croyais qu’en balayant ces peurs de la main, elles allaient finir par partir d’elles-mêmes ?

Deuxièmement…

Je suis désolée de ne pas avoir su comment réagir quand j’ai réalisé que tu étais vraiment anxieuse. Non seulement je ne connaissais pas cet état d’esprit, mais en plus je m’appropriais la situation, croyant en être la cause. Je me suis beaucoup questionnée, j’ai repassé au peigne fin nos doux souvenirs ensemble pour trouver ce que j’avais fait de pas correct. Je t’avais pourtant donné tant d’amour, de compliments, beaucoup de peau à peau et de cododo. Je ne t’ai pas laissé pleurer quand tu étais bébé et je t’ai allaitée. Je croyais sincèrement avoir tout fait pour te donner le maximum de sentiment de sécurité. Croyant bien faire, j’en suis même venu à te dire que le danger de ce monde n’existait pas, pas pour toi. Un peu comme si tu vivais dans une bulle, c’était moi ta bulle. Je voulais seulement que tu retiennes que je serais toujours là pour t’épargner ces souffrances du mieux que je peux, même si je sais que ces situations ne sont jamais annoncées avant que ça arrive.

Troisièmement…

Je me sens dépourvue chaque fois que j’aperçois un signe de ton anxiété. Je ne sais pas comment t’aider! En vrai, ça me terrorise. J’ai peur que ça t’affecte si longtemps que ça teinte tes choix de vie pour toujours. J’aimerais tellement que tu te vois à travers mes yeux, avec toutes les qualités que tu possèdes, rien ne devrait t’arrêter. Rien.

Quand j’ai réalisé que tu étais anxieuse, j’ai tout de suite voulu trouver des solutions rapides pour faire disparaître ce trouble de toi, comme si c’était viral et qu’en deux semaines, ça serait éliminé de ton système. Aujourd’hui, je sais, je sais que nous avons tous nos démons et qu’il ne faut surtout pas te pousser au combat si tu ne te sens pas prêt à l’affronter.

Tu sais ma fille, j’aimerais bien te dire que le danger que tu imagines n’existe pas, mais il est là. Il est vrai. Je suis désolée que tu doives faire face à la réalité de la bêtise humaine qui t’amène à vivre des confrontations intérieures et je suis surtout triste de voir ces limitations que tu t’infliges pour te protéger d’un risque potentiel.

J’ai juste hâte que les « si » ne mènent plus ta vie et que tu puisses t’épanouir autant que lorsque l’anxiété ne faisait pas partie de ta vie et j’aimerais voir tes petites épaules légères, ne supportant plus la misère du monde entier.

2 COMMENTAIRES

  1. Dieu que j’aurais aimé recevoir cette lettre, ça me fait pleurer au boutte. À 45 ans je commence, cette années à sortir de ma bulle, l’anxiété ayant barbouillé ma vie entière. Bravo à vous qui en êtes consciente, gentille maman.

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