C’est le coeur gros que je lis sur les réseaux sociaux l’inquiétude des parents-éducateurs depuis l’annonce du projet de règlement du ministre Jean-François Roberge. J’ai le coeur gros parce que mes amies et leurs enfants qui font les apprentissages à domicile vont vivre cette réalité très bientôt.

On a fait l’école-maison, unschooling style, depuis toujours. À part la maternelle, Benjamin n’a pas fréquenté le milieu scolaire avant de décider d’y retourner à 16 ans. Il va avoir 21 ans la semaine prochaine. Léo pour sa part n’avait jamais été à l’école avant de décider d’y aller à 15 ans.

J’ai le coeur gros parce qu’en écoutant un reportage avec Mario Dumont, Benjamin et Léo étaient eux aussi découragés et révoltés. Leur conclusion: partir du Québec pour avoir la liberté d’éduquer leurs futurs enfants à leurs manières. Ça m’attriste cette solution de partir pour faire respecter notre droit de choisir le genre d’éducation à donner à nos enfants.*

Déclarés à la commission scolaire

Comme Benjamin a fréquenté la maternelle, la commission scolaire de la rive-sud de Québec faisait un suivi à toutes les années avec nous. Tout en jasant, on présentait le portfolio de Benjamin.

Jusqu’à ce qu’on déménage et profite de cette occasion pour couper les liens avec la commission scolaire.

Deux années de suite, la personne rencontrée à la commission scolaire était très intéressée à l’environnement et aux activités qu’on offrait à Benjamin. Il se disait même impressionné et qu’il aurait aimé faire l’école-maison avec ses enfants maintenant grands. Il était sympathique et s’intéressait vraiment à notre projet. La troisième année, cette personne a été remplacée par une nouvelle responsable un peu moins conciliante. Du moins, c’était mon opinion basée sur notre première rencontre avec elle. Elle nous a dit, entre autres, que l’écriture de Benjamin devait s’améliorer avant la prochaine rencontre. J’ai senti une alarme résonner en moi.

Avec le temps et en côtoyant des familles vivant la réalité des apprentissages en famille, j’ai su que cette personne a changé sa perception et modifier l’accompagnement qu’elle offrait aux familles. Quand on s’intéresse pour vrai à la réalité des gens, notre perception change, mais pour ça il faut s’y intéresser. Ce qui ne semble pas être le cas de M. Roberge.

Une relation, comme celle avec une personne de la commission scolaire, se construit au fur et à mesure que la confiance augmente. La confiance qu’on avait bâtie avec la personne précédente était maintenant brisée. Il n’était pas question que cette nouvelle personne nous impose le curriculum scolaire.

J’ai réalisé à quel point on était dépendant des changements de personnel à la commission scolaire. On n’avait aucun pouvoir quant au choix de la personne pour le poste de responsable du dossier d’école-maison, mais elle avait du pouvoir sur nous. Tout comme les parents-éducateurs et leurs enfants seront bientôt impactés par le nouveau projet de règlement.

Avant d’envoyer Benjamin à la maternelle, je n’avais lu aucun livre sur comment les enfants font des apprentissages durables et favorables au développement sain de la confiance en soi. J’ai suivi la masse en bon petit mouton que j’étais. Petit mouton tout droit sorti du milieu scolaire. J’avais tout de même des inquiétudes quant à l’impact négatif du milieu scolaire, mais j’ai quand même inscrit Benjamin à l’école. Comme la majorité des parents, je me suis déresponsabilisée de l’éducation de mon enfant.

Avant l’invention de l’école, l’humain apprenait. Quand son milieu est riche et bienveillant, il s’épanouit.

Avant de commencer l’école-maison et pendant les premières années, je me suis éduquée de façon autonome 😉, pour comprendre comment les enfants apprennent réellement et ce qui favorise le développement d’une bonne confiance en soi. Un nouveau monde s’était ouvert à moi. J’ai compris qu’il y avait dans le monde et au cours de l’humanité d’autres personnes qui s’étaient intéressées à comprendre comment favoriser les apprentissages durables. J’ai lu Libres enfants de Summerhill et j’ai compris que les apprentissages naturels étaient ceux qui étaient les plus durables dans le temps parce qu’ils sont acquis avec la motivation intérieure en suivant l’enthousiasme de l’enfant à étancher sa soif de curiosité. Ce qui n’est pas possible dans le système scolaire actuel, mais l’est, par exemple, dans les écoles démocratiques.

Avant je ne voyais qu’un arbre, maintenant je vois la forêt.

Avec toutes ces nouvelles connaissances et cette vision bienveillante de l’éducation, il n’était pas question qu’une personne à la commission scolaire qui ne s’est pas éduquée sur comment les enfants apprennent d’une façon favorisant la maturité émotionnelle décide comment éduquer mes enfants.

Comme c’est ce qu’on a connu, on croit à tort, que le système d’éducation actuel est la seule et la meilleure façon d’apprendre. Je ne suis pas contre les écoles et même si j’ai une nette préférence pour l’école démocratique, on a besoin d’un système d’éducation. C’est juste que celui en place est désuet et inefficace.

Si notre système scolaire était une entreprise, ça fait longtemps qu’elle aurait fait faillite.

Ce besoin qu’ont le ministre Roberge et le gouvernement de décider pour nous comment éduquer nos enfants me rappelle le combat des femmes souhaitant humaniser les naissances.

#HumanisonsLesEnfants #HumanisonsLesAdolescents

Notre choix en tant que parent

On a choisi de vivre le unschooling et je n’ai aucun regret. On a risqué ce qu’on a de plus précieux: nos enfants, et je ferais ce choix encore aujourd’hui. Maintenant qu’ils sont au cégep, j’ai la preuve que des jeunes qui n’ont pas fréquenté le milieu scolaire ont une belle estime d’eux et une bonne confiance en leur capacité. Mes enfants m’ont démontré que c’était possible d’être prêt pour le secondaire 4 en quelques semaines seulement et d’obtenir au secondaire et au cégep des résultats au-dessus de la moyenne.

Quand mes fils ont commencé à fréquenter l’école, ils ont été surpris de constater à quel point les élèves sont démotivés et même au cégep. Ce qui n’est pas le cas de Benjamin et Léo. Probablement parce que c’est un choix qu’ils ont fait de fréquenter l’école. Peut-être aussi parce qu’ils ont vécu la vraie motivation, celle qui favorise les apprentissages durables, celle qui vient de soi et non celle qui vient du professeur. Malgré un système favorisant la démotivation et les aberrations de ce système désuet, ils ont un objectif et rien ne peut les arrêter. Je suis fière et je sais qu’on a fait un choix favorable à leurs épanouissements avec le unschooling.

J’aimerais tant qu’on vive dans une société qui comprend comment bâtir pour vrai la confiance en soi, une société bienveillante.

Rome ne s’est pas construite en une journée qu’ils disent. Ma famille et moi, on participe à la construction d’une société bienveillante, un enfant à la fois et toi? Il n’est pas question que le ministre Roberge nous enlève ce droit.

*Il est possible que tu trouves des fautes d’orthographe dans cet article, après tout, je suis allée à l’école. Au contraire des dirigeants en place au niveau du système scolaire, je prends la responsabilité de mes erreurs. Je me pose des questions, je remets en questions mes croyances pour mettre en place de nouvelles solutions pour que mes enfants réalisent leur plein potentiel.

*La Déclaration universelle des droits de l’homme, article 26.3 Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants.

Pour épingler sur Pinterest:

2 COMMENTAIRES

  1. Choisir l’amour plutôt que la peur, voilà ce qui ferait de nous un monde meilleur
    Ce qui en résulterait de donner le meilleur de nous-mêmes, et de le perpétrer à jamais.

    • Je ne peux qu’être d’accord 😉 C’est devenue un réflexe de me demander face à des situations du quotidien avec ma famille, est-ce que c’est la peur ou l’amour qui me motive. Des fois la peur est pas mal trop présente à mon goût!

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

This blog is kept spam free by WP-SpamFree.