Projet de règlement ministre roberge enseignement à la maison

Bonjour monsieur le ministre,

Je vous écris afin de faire entendre ma voix. Elle est peut-être faible par rapport au volume de ce qui est véhiculé dans les médias, mais j’ai pris la décision de vous écrire, car même si elle peut vous sembler insignifiante, cette voix a le droit et le besoin de vous exprimer son opinion concernant votre projet de modification du règlement sur l’enseignement à la maison.

Je suis une citoyenne québécoise, une travailleuse de la classe moyenne et d’abord et avant tout, une maman. J’ai deux enfants, dont un qui est atteint d’une maladie rare. Ma grande apprend vite et bien, est curieuse de tout et, selon les critères du Programme d’études et de la progression des apprentissages, est en avance pour son âge. Mon fils, lui a besoin de beaucoup d’aide et de soutien et c’est pourquoi on applique les recommandations des nombreux spécialistes qui le suivent. Comme il n’apprend pas de manières dites « traditionnelles », nous avons pris la décision en famille de faire « l’école à la maison ». Je tiens d’ailleurs à souligner que je n’aime pas cette appellation. Je préfère le terme : « apprentissage en famille ». La raison? Tout simplement, car cela décrit beaucoup mieux notre situation. La grande majorité des personnes que je côtoie au sein du regroupement de parents-éducateurs de ma région ne reproduisent pas le modèle standard de l’école. Non pas par rébellion contre le système, mais bien parce qu’il existe plusieurs façons d’apprendre et que la méthode classique ne fonctionne pas toujours bien pour tout le monde.

Je fais partie de ceux qui avaient de la facilité dans le système scolaire. J’ai toujours eu des notes excellentes et malgré cela, j’ai plusieurs fois été limitée dans mes élans d’apprentissages. Si j’avais fini plus vite que mes camarades, on me disait : « Attends que les autres aient terminé ». Au Cégep, j’ai eu l’opportunité de faire remplacer mes cours de français réguliers par des périodes d’aide aux élèves en difficultés. J’ai adoré mon expérience et je me suis rendu compte à quel point la proportion d’un enseignant pour un ou deux élèves à la fois avait un impact considérable pour aider à l’assimilation des apprentissages. J’ai pu remarquer aussi qu’une évaluation sous forme d’examen était superflue dans ce genre de contexte puisqu’avec un ratio aussi peu élevé, il m’était facile de constater le cheminement de leurs progrès et d’en faire le rapport à l’enseignant par la suite sous forme de portfolio qui, à mon sens, démontrait de manière beaucoup plus efficace leur progression.

Il est évidemment impossible de fonctionner avec une telle méthode dans les écoles actuelles. Par contre, je suis convaincue qu’il faudrait laisser le choix de la méthode d’évaluation aux parents qui suivent quotidiennement le cheminement de leurs enfants plutôt que de leur imposer un procédé qui n’est pas toujours adapté à leurs réalités. Le portfolio permet d’avoir une vision d’ensemble élargie et précise, et ce, sans avoir à ajouter à la charge de travail du personnel mandaté par les commissions scolaires chargées de faire les suivis avec les familles. En ajoutant le fait que de mobiliser du personnel pour réaliser, surveiller et corriger des examens prendrait autant de temps, de ressources et d’argent (sinon plus) que de simplement faire l’évaluation par portfolio, j’espère grandement que vous prendrez en considération la suggestion de donner le choix aux parents quant à la méthode de vérification des acquis de leurs enfants.

J’espère fortement que vous modifierez votre projet de règlement en tenant compte de l’avis des parents pour qui leurs enfants leur tiennent à cœur.

Dondine, citoyenne, travailleuse, et mère-éducatrice

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

This blog is kept spam free by WP-SpamFree.