Douance secondaire

Si vous vivez avec un enfant doué ou à haut potentiel, vous êtes probablement constamment en train de remettre en question vos décisions par rapport à son éducation. C’est difficile de se retrouver quand notre enfant est différent. On est inquiet de ne pas suffisamment le stimuler ou surinvestir l’intellect au détriment d’autres compétences. On lit des livres, on s’informe, on discute avec d’autres parents… Mais avoir une étiquette de douance ne veut pas dire que l’enfant entre dans une case bien définie. Comme les enfants dits neurotypiques, tout le monde est différent. J’ai cru cependant qu’il serait intéressant de faire un bilan des dernières années et de l’entrée au secondaire de notre enfant pour démontrer que c’est possible que ça se passe bien. J’ai lu tellement d’histoires décevantes ces dernières années dans les médias.

Le saut de classe

Au départ, nous avions envisagé une dérogation pour le faire entrer en maternelle plus tôt. Sous les commentaires de parents, d’enseignants et d’autres intervenants qui nous le déconseillaient fortement (sans connaître notre enfant !), nous n’avions pas été de l’avant.

Notre enfant a donc été évalué en début de parcours scolaire. C’était un enfant précoce au niveau de l’académique et son enseignante a su reconnaître son haut potentiel. On ne pouvait pas mieux tomber que sur une perle dans son genre. Elle a adapté ses travaux, faisait des suivis réguliers avec la direction, les intervenants et avec nous. Elle nous a donc proposé de le faire passer au niveau supérieur après l’évaluation et plusieurs tests. La direction de l’école était très ouverte (fiou !), mais on m’a quand même mentionné à quelques occasions que souvent ils étaient réticents au saut de classe, car dans le passé, certains enfants avaient eu plus de difficultés au niveau de la sociabilité. Notre enfant a un profil homogène, pas d’anxiété, il est à peine plus jeune que les enfants dont la fête est en début d’année scolaire, il avait des amis plus vieux et il était déjà dans un niveau double. Les conditions étaient toutes réunies pour que ça se passe bien.

Et ça s’est effectivement bien passé… au début. En fait, ça s’est très bien passé pour l’intégration, pour le côté social, pour l’académique. Il a toujours très bien réussi. Le seul obstacle que nous avons rencontré avec le temps c’est qu’il s’est démotivé, il trouvait qu’il n’apprenait pas assez, il n’aimait plus l’école, il trouvait le temps long et passait une grande partie de son temps à lire. C’est ici qu’un autre enfant doué aurait pu se mettre à avoir un comportement plus dérangeant en classe. Heureusement, ce ne fut pas le cas pour nous, mais ça aurait pu devenir un problème. Puis est venu l’anglais intensif, l’apprentissage par projets, le voyage de 6e et la bonne humeur est revenue avec ces modifications à la routine scolaire régulière.

L’entrée au secondaire

Considérant son manque de motivations dans les dernières années, nous étions à la recherche d’une école avec un programme spécial ou enrichi. Il a sélectionné un profil qui ressemble un peu au PEI. L’adaptation à sa nouvelle vie scolaire s’est faite très facilement. C’est un enfant sociable qui participe à différentes activités et son école offre une belle variété de parascolaire en plus de son programme d’études. Il a cependant eu besoin d’un petit temps d’adaptation par rapport à la charge de travail demandée. Bien qu’on ait beaucoup parlé de l’importance d’étudier, de travailler fort malgré les bonnes notes, pendant son primaire, nous ne l’avions peut-être pas assez bien préparé. Il a eu son premier reality check dans les premières semaines et a eu besoin de se resaisir et se mettre en action. Depuis, tout est rentré dans l’ordre et on espère que le reste de son parcours sera positif. Et pourquoi pas un chemin parsemé de petits défis qu’il devra apprendre encore une fois à surmonter afin de l’outiller pour sa vie d’adulte ?

Et puis après ?

Évidemment, il y aura d’autres défis à relever et d’autres trucs qu’il devra vivre à retardement. Le moment où ses amis commenceront à travailler, conduire, sortir dans les bars… Le choix de carrière risque d’être difficile à 15-16 ans. Je ne suis pas encore certaine de ce que je fais de ma vie, passé 30 ans ! La première peine d’amour, bien que toujours difficile, m’inquiète beaucoup vu sa grande sensibilité. En espérant avoir bien su supporter notre enfant dans sa différence et lui avoir collectivement donné les outils pour réussir à la hauteur de ses capacités.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

This blog is kept spam free by WP-SpamFree.