Enfant scolaire

Laisser glisser son enfant dans le moule.

Partagez!

J’ai toujours su, et ce depuis le début qu’elle n’était pas prête ou même pas faite pour glisser dans le moule de notre société. Dans cette recette déjà conçue et établie d’avance, qui dit qu’à 5 ans, tu es prêt à rentrer à l’école. Et ça c’est quand les parents ont pu faire autrement que de placer ces tout-petits à la garderie, dès leur plus jeune âge. C’est ainsi que sont organisées nos vies aujourd’hui, les choses changent, les obligations augmentent. Qui en paie le prix ?

Alors à tes 5 ans, tu dois entrer à l’école avec les grands et atteindre les objectifs qui sont déjà établis. Et ce sera toujours comme ça à partir de ce moment de ta jeune vie. Les années suivantes se ressemblent toutes. Auras-tu des amis ? Le talent pour embarquer dans ce moule ? Car un enfant a son intelligence propre à lui avec ses forces et ses faiblesses. Ce serait mentir que de dire que les standards établis vont à tous sans exception.

Et bien pour mon troisième enfant, mon impression de maman ne m’a jamais trompé, même si j’ai essayé de me convaincre du contraire et de l’embarquer dans ce système. Dès le premier « Au revoir », je le savais que ce n’était pas fait pour mon enfant. Même lorsque malheureuse dans ce milieu, elle me disait que tout allait bien. La force, la résilience d’un enfant peut être tellement incroyable. Leur capacité d’adaptation malgré les difficultés m’impressionne.

Chaque jour passé validait cette impression. Que ce soit les amis qui eux avaient compris qu’il faut parfois être méchant pour se faire une place. Qui ont malheureusement appris à s’éloigner de ceux qui sont différents. Dès le départ, ils se placent avec les meilleurs, ceux qui entrent dans le moule avec facilité et qui n’ont pas la langue dans leur poche.

Et ceux et celles qui se retrouvent seuls, isolés même, n’ont aucune mauvaise intention. Souvent, ils aiment tout le monde, leur imagination n’a pas de fin. Comme ils ne cadrent pas dans la recette, ils s’inventent un monde à eux. Les intégrer semble nuire à la recette, ont les laisses ainsi, on les place avec différents spécialistes (ce qui n’est pas reprochable, mais c’est ce qui pose une étiquette). Cette étiquette qui reste pour toujours au dossier. Comme si ce n’est pas assez, à la longue, plus l’enfant vieilli, son estime de soi se brise petit à petit. Il prend conscience de sa différence quand auparavant il s’aimait comme il est. À mon sens, s’aimer c’est ce qu’il y a de plus important dans une vie. Et au fond, s’accepter soi-même face aux autres les mettrait en valeur et ne ferait que rehausser la recette.

Les enfants pourraient s’épanouir, à parts égales. Laisser chaque être, être qui il est vraiment. Les aider comme on doit aider n’importe qui. Je ne dis pas que la recette est mauvaise, car j’ai d’autres enfants qui s’y plaisent. Mais lorsque ton enfant ne cadre pas dans le moule, il peut créer sa propre recette, avec ses saveurs et ses couleurs particulières. Vive la différence et les goûts nouveaux !

Autrice de l’article : Karine Cloutier

Karine Cloutier
Maman à plein temps de trois beaux enfants dont deux ados. Heureuse et toujours occupée, Karine est passionnée par l'écriture, qui est pour elle une forme de thérapie. Sa plus jeune est scolarisée à la maison.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *