L’intrus

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Un matin, je me réveille, et sans le savoir, sans même m’en douter, une seule seconde plus tard, plus rien ne serait pareil… pour toujours.

C’était le vendredi 13 mars 2020. On pourrait dire qu’il porte vraiment son titre de jour de malheur. Cette superstition à laquelle je n’avais jamais cru est devenue réalité. Ce qui a commencé à ce moment-là allait devenir en quelque sorte notre pire cauchemar éveillé. Être en mode survie devient concret et nécessaire. C’est un sentiment étrange avec lequel tous ne sont pas familiers. Ça implique tant de sacrifices et de restrictions.

Les précautions s’additionnent comme une série de chiffres et de lettres rappelant mes cours de maths au secondaire. Ces cours qui me faisaient paraître le temps tellement long. Je suis sûre que les jeunes s’en ennuient, ne serait-ce qu’un peu, en ce moment. Pour beaucoup, la dernière étape de l’année scolaire devenait l’unique chance de se rattraper et ce n’est maintenant plus possible pour le moment. Pour d’autres, comme pour ma grande, c’était l’année ultime, la plus attendue de toutes, celle où une page se tourne, où on fait un très grand pas vers la vie d’adulte. Ces derniers moments avec ta gang unie d’amies que tu entretiens depuis des années. Nos finissants au secondaire étaient en plein préparatifs de la grande finale.

Les cégeps et les universités ont aussi dû faire des changements rapidement. Plusieurs ont perdu leur emploi. Et il y a ceux qui travaillent encore, sans relâche. Soyons empathiques avec leur situation, ils sont au front pour nous. On parle aussi beaucoup des gens du 3e âge, certains écoutent les consignes du gouvernement et d’autres prennent des risques inutiles. J’aimerais leur dire « soyez encore des modèles pour la société et restez dans le confort de votre foyer ».

Nos vies sont chamboulées. En seulement 24 heures, tout s’est mis à éclater et ça va malheureusement continuer. Jusqu’où ira ce feu d’artifice qui marquera notre univers ? Avant, on pouvait se plaindre de petits trucs ici et là, parfois des gros, là en ce temps de confinement, on doit être raisonnable pour passer au travers. Nous avons plus que jamais besoin les uns des autres. La distanciation sociale ne doit pas freiner cette prise de conscience que nous devons tous prendre pour arriver à vaincre cet intrus qui a fait sa place dans nos vies, dans notre société. Je ne dis pas son nom, on l’entend partout de toute façon. Télé, radio, médias sociaux et journaux en parlent sans arrêt. La vie est précieuse, même irremplaçable. Faites ce qu’il faut avec la vôtre.

Et toi, comment s’est passé ton réveil du vendredi 13 mars 2020 ? Correct, brutal, angoissant ?

« C’est dans la pénombre que la lumière est belle »

– Fred Pellerin

Autrice de l’article : Karine Cloutier

Karine Cloutier
Maman à plein temps de trois beaux enfants dont deux ados. Heureuse et toujours occupée, Karine est passionnée par l'écriture, qui est pour elle une forme de thérapie. Sa plus jeune est scolarisée à la maison.

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