Pendant le confinement

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La pandémie dans laquelle nous sommes plongés est assez particulière certes et conséquemment à ça, nous sommes confrontés à nos mécanismes de défense. Ces mécanismes apparaissent surtout parce que nous n’avons aucun contrôle sur notre vie, c’est normal, mais ce que je ne trouve pas normal c’est lorsqu’on est rendu à comparer nos mécanismes comme si les nôtres étaient plus légitimes que ceux des autres. 

Ce qu’il faut comprendre à la base c’est que nous avions tous un historique avant tout ça. Nous avons tous nos personnalités, notre vécu, nos peurs, nos perceptions, nos défis de couple/familiale/financiers et certains ont des troubles/conditions, etc. 

Dernièrement, je vois beaucoup de publications qui justifient lorsqu’une personne vit son confinement à ne rien faire, comme si on avait besoin que les gens approuvent la manière dont on gère notre confinement personnel. Honnêtement, je ne comprends pas. Dans le même sens que je ne comprends pas pour quelle raison une personne stimulée par la situation devrait se sentir mal d’être proactive ?!

De ce que j’ai cru comprendre, les personnes justifient leur non-productivité en réaction à celles qui vivent leur confinement de manière « trop motivée ». Comme si les motivés devaient aussi se sentir mal de l’être parce que certains se comparent. Il n’y a aucune comparaison à faire selon moi. C’est tellement personnel tout ça. 

Je me situe dans la gang des motivés, même si j’aimerais mieux ne pas voir de catégories, justement. Ce qu’il faut savoir c’est que si je me sens motivée c’est surtout parce que c’est ma façon de gérer mon anxiété face à la situation. Si je n’arrête pas de cuisiner, ce n’est pas parce que je veux prouver quoi que ce soit ou que je cherche à en faire une carrière. J’ai seulement besoin de m’occuper l’esprit et comme c’est un des seuls accomplissements rapides que je peux faire de chez moi, j’aime souligner mes bons coups.

De l’autre côté du miroir, il se trouve que je néglige des choses. Ce que je veux dire c’est que même lorsqu’une personne semble faire plein de choses que d’autres n’ont pas la patience, le temps ou l’intérêt de le faire, elle n’est pas en compétition avec qui que ce soit et délaisse peut-être quelque chose que les autres trouveraient essentiel et non négligeable.

Je crois que la plupart des gens motivés tentent seulement de s’occuper l’esprit. Les personnes qui s’occupent pour essayer de contrôler leurs pensées/émotions aimeraient probablement être capable de simplement déconnecter, dormir longtemps et de se gérer mieux. Moi la première ! Et surtout, ce n’est pas parce que certains partagent leurs bons coups que leur quotidien est facile pour eux. 

Depuis le confinement, j’ai repris possession de mon Facebook. Ça va peut-être sembler particulier pour vous, mais depuis la mode de Pinterest il y a quelques années, je me suis laissée convaincre que je n’avais pas raison d’être fière de mon chez-moi. Ensuite, il y a eu Instagram qui m’a convaincue que je n’étais pas assez parfaite… Depuis mars, ma vision a changé. Étant confinée, je ressens encore plus le besoin d’échanger/de partager avec les gens, au risque de me faire juger. Mon quotidien est simple, il n’y a pas beaucoup de flafla, on se contente et on contemple des riens, mais c’est ma vie et je l’aime comme ça. J’ai décidé d’assumer qui je suis et comment je le vis. 

Tout ça pour dire que si vous êtes remplis de projets qui vous animent et que vous profitez de ce temps pour les accomplir, continuez. N’ayez pas peur de partager sur les réseaux sociaux pour inspirer ou même divertir votre réseau et si vous êtes en mode : j’ai besoin de ne rien faire, continuez et prenez soin de vous en respectant vos limites. Montrez-nous comment faire, peut-être que certaines auraient besoin de vos trucs ?! Inspirer les gens ce n’est pas seulement dans le sens de la productivité, le lâcher-prise est tout aussi important, sinon plus. 

Pour la plupart, il ne reste plus que les réseaux sociaux pour entrer en contact alors il est temps de s’entraider en arrêtant de se comparer. Accepter les différences c’est aussi les différentes manières de gérer son confinement. Connectons davantage ensemble en respectant les mécanismes de chacun.

Autrice de l’article : Sabrina Fortin

Sabrina Fortin
Hyperactive de la pensée et du corps, absorbée par la stimulation des sens et des émotions et mère de deux précieux de 7 et 12 ans.

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