On n’aura pas d’argent, on fera pousser des enfants… ou avoir un potager en famille.

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Depuis quelques années déjà, nous avons pris l’habitude de semer des légumes pour compléter le joyeux et généreux panier biologique de notre fermier de famille. Au début de l’expérience, nous allions à notre pépinière préférée pour acheter les plants et commandions en ligne les graines des Jardins de l’écoumène à semer directement en terre en juin. Nous avions aussi commencé par faire un jardin en boîtes parce que nous trouvions cela joli. Les boîtes nous ont été bien utiles pour que les petites mains puissent jardiner à leur hauteur. Elles nous servaient aussi à délimiter les zones pour enfants de celles aux cultures plus délicates réservées aux adultes. Vous constaterez que ce temps est derrière nous et que nous en sommes maintenant au jardin en planches.

Jardin 2017

Lors de ces mêmes années, nous avions ajouté un petit vignoble, cadeau de la fête des Mères, avec du raisin de table. Force étant de constater que nous aimions beaucoup les petits fruits, nous avons complété par l’achat de trois plants de bleuets, autant de fraises et de framboises par année. Au total, nous avons maintenant une cinquantaine de vignes et une vingtaine de plants de bleuets, de framboisiers et de fraisiers ainsi que des camérisiers et des plants de canneberges.

Vignoble 2017/2020

Notre potager édition 2020 a définitivement sa personnalité bien à lui et aura marqué notre histoire familiale. Je vous raconte. En janvier, nous avons fait une commande de semences qui comptait de tout ; des carottes, des graines de tomates, des courges et des courgettes, des betteraves, des haricots, des fines herbes et des laitues, des fleurs aussi, toutes comestibles, des oignons et des poireaux, alouette ! Quand février est arrivé, deux évènements allaient avoir un impact sur notre jardin. Le premier, notre plus vieux participerait à un voyage humanitaire au Pérou — Quelle chance ! Il a eu lieu — et, le deuxième, il visiterait son CÉGEP pour faire son choix d’inscription. Le nord de Lima lui a appris le don de soi et le travail acharné pour arriver à réaliser un projet communautaire. La visite au CÉGEP confirma ce qu’il souhaitait déjà, c’est-à-dire apprendre à cultiver comme un jardinier maraîcher. Il s’est donc inscrit en technique agroenvironnementale pour les trois prochaines années et fera son baccalauréat en agronomie. En mars, nous avons été envahis par les semis et avons acheté de nouvelles lampes de culture. En avril, si on se retourne vers le potager, notre grand s’en est donné à cœur joie et a pratiqué ses nouvelles connaissances au fur et à mesure de la lecture des livres que nous lui avons achetés. Le premier grand changement a été la démolition quasi complète des boîtes de jardinage pour faire place à la culture en planches.

Nous avons aussi vu apparaître un abri temporaire donné par un ami. Au début, les toiles étaient tendues sur la structure et notre chauffe-terrasse électrique servait à garder au chaud nos petits plants de tomates fringants. Les plants seront bientôt attachés et soutenus grâce à la structure. C’était le plan de départ. Une heureuse nouvelle s’est aussi annoncée fin avril, nos deux grands s’étaient trouvé un emploi dans des entreprises de paniers biologiques de la région. Nous avons donc vu l’apparition d’un grillage pour soutenir les plants de haricots et la mise en place de plusieurs méthodes inspirées des fermettes qui engagent nos adolescents. Des tuyaux « goutte à goutte » sont aussi en plein milieu des planches pour bien irriguer le jardin. Bientôt, les plants de courges seront en fleurs et les queues de carottes et de betteraves onduleront sous les coups de vent. Bref, il nous aura fallu un investissement minimum, mais nous aurons des changements maximums.

Maintenant, pourquoi je souhaitais vous faire part de notre expérience d’avoir un potager en famille ? Parce que le travail de la terre, pelleter, forcer, cultiver, travailler en équipe, apprécier le travail gratuit de la nature, développer ses connaissances et sa persévérance et j’en passe, ce sont tous des points que notre histoire de potager a permis de faire grandir et pratiquer. Cette histoire a même permis à notre plus vieux de découvrir ce qu’il veut faire comme travail et comme études. Elle nous a aussi offert de nombreuses opportunités de travailler en famille, de découvrir nos forces et de nous entraider selon les faiblesses des autres. Un jardin, c’est beaucoup plus que des mauvaises herbes, c’est un endroit unique pour apprendre à se connaître et se reconnaître. Enfin, ce qui est tout aussi riche dans cette histoire, c’est que nous accueillons les conseils et les souvenirs des grands-parents qui mettaient au jardin les plants et les semences selon que les pommiers étaient en fleurs ou encore les lilas en bourgeons, qui faisaient les conserves pour l’année avec les récoltes et qui devaient avoir une autonomie alimentaire beaucoup plus importante que ce que nous avons. Notre potager a maintenant un nom, il s’appelle Tête de pioche, et il sera peut-être un jour la première entreprise familiale de nos enfants. Je vous souhaite donc un jardin, cet été. Qu’il soit constitué d’un seul plant de basilic et de deux plants de tomates-cerises, ce sera déjà une expérience. Je vous souhaite aussi de manger des fruits et des légumes frais du Québec et pourquoi pas d’aller en faire l’autocueillette. Je vous souhaite du bon temps en famille et mettez vos orteils toutes nues dans la terre une fois ou deux, ce sera peut-être un moment magique.

1 (Titre, On n’aura pas d’argent, on fera pousser des enfants…) Kaïn, embarque ma belle

Autrice de l’article : Stéphanie MacFred Lauzé

Stéphanie MacFred Lauzé
Stéphanie habite en campagne avec son conjoint, leurs quatre garçons et leur fille. Enseignante et auteure, elle est à la maitrise en orthopédagogie à l’UQÀM et fait l’école à la maison. Elle travaille pour mettre sur pied un centre d’ateliers pour aider les enfants à être des géants en apprentissage, en pleine conscience, en lecture de millions de livres sur toutes sortes de sujets, en conceptualisation de robots, en création de potagers… jusqu’à la lune. Stéphanie adore la littérature, le hygge, les maths, les étoiles et l’hiver. Elle partage ses intérêts sur Facebook avec La petite école à la maison, le Centre pour enfants Grande Ourse et Mon hygge en pots Mason.

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