Septembre consentement

« Non! » est une phrase complète

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Septembre, c’est la rentrée scolaire ou la non-rentrée pour les familles qui choisissent l’apprentissage en famille. Septembre, c’est l’automne et ses couleurs, le vent frais, la pluie qui sent les feuilles mortes… Septembre, c’est le temps des pommes, des récoltes abondantes, des potages orangés, des bas de laine et des cafés lattés… Mais septembre, c’est aussi une journée particulière qui me tient particulièrement à cœur. Le troisième vendredi de septembre, c’est la journée de lutte contre les violences sexuelles faites aux femmes.

Cette année, j’ai envie de parler de mythes trop bien entretenus et de questions qui ne devraient jamais être posées…

Commençons par les mythes. Ces phrases prononcées sans forcément y penser parce qu’on les a entendus trop souvent ou parce qu’elles ont été vraies à une époque…

« En couple, ce n’est pas une agression sexuelle. »
Alors qu’est-ce que c’est ?
Le Code criminel reconnaît les agressions sexuelles conjugales comme illégales. En couple comme ailleurs, les rapports sexuels doivent être basés sur le consentement mutuel. « Je veux juste me coller. » ou « Non, je n’en ai pas envie. » ne sont pas des façons de dire « Continue tu vas me convaincre. » Ça veut dire non, tout simplement.

« En couple, c’est juste normal d’avoir à répondre aux besoins de l’autre. »
Je déteste cette phrase. Je déteste encore plus le fait que, dans un couple hétérosexuel, c’est à la femme qu’on la dira et qu’elle ne s’applique généralement qu’aux besoins sexuels de monsieur. Et elle ? Son besoin d’attention, d’écoute, d’affection ? Son besoin d’être avec lui, socialement, dans des activités communes ou d’intimité non sexuelle ? Un couple, ce n’est pas seulement sexuel et les besoins d’un être humain ne se limitent pas à cela. En couple, les besoins de chacun sont importants, mais également les limites de chacun. Ça ne commence pas sans l’accord des deux. Ça s’arrête lorsque l’un des deux ne veut plus. Peu importe la raison. Peu importe le moment.

« Les filles qui s’habillent sexy/boivent/sortent seules ne cherchent que ça. »
La majorité des agressions à caractère sexuel sont commises par des hommes ayant déjà un lien avec la victime. Dans la plupart des cas, il s’agit d’un événement lié à une opportunité. Le scénario le plus probable est pas mal celui du gars qui raccompagne une amie après une soirée et qui voit une occasion. Les agressions préméditées, organisées visant une victime particulière sont plus fréquentes dans les films que dans la vie. Les agressions à caractère sexuel n’ont que très peu à voir avec le sexe et tout à voir avec le contrôle et la violence. Ce qu’elle portait ou sa consommation d’alcool ne sont que des excuses que les agresseurs se donnent pour justifier leur manque de contrôle sur eux-mêmes.

Des mythes répandus, des idées reçues sur les agressions à caractère sexuel, il y en a encore des dizaines. Je garde ça pour un prochain article et je vous parle maintenant des questions récurrentes qu’on ne devrait pas poser.

— Tu portais quoi ?
Non. De la mini-jupe aux pantalons mous, la question ne se pose pas. Ce n’est pas pour ses vêtements qu’elle a été agressée.

— Est-ce qu’il est allé jusqu’au bout ?
Au bout de quoi ? C’est moins grave pour qui si s’était sans pénétration ? La gravité d’une agression sexuelle n’est pas forcément définie par les gestes posés que par comment ils ont été posés. Il est allé trop loin.

— Tu avais bu ?
Légalement, une personne en état d’intoxication n’est pas en mesure de donner son consentement. Profiter d’une personne qui a bu n’est pas une façon acceptable d’obtenir un rapport sexuel.

— Tu n’as pas peur de scrapper sa vie si tu portes plainte contre lui ?
Peu importe qui est l’agresseur, on ne devrait jamais décourager une victime de porter plainte. On devrait soutenir celles qui le font, leur rendre le processus le plus doux possible, les protéger au mieux. Une agression sexuelle, ça change la vie de la victime pour toujours. C’est sur sa guérison qu’on devrait insister.

« Non ! », c’est une phrase complète. Personne ne devrait avoir à insister pour ne pas avoir de contacts sexuels. Personne ne devrait se sentir coupable de se respecter et de se faire respecter. Personne ne devrait avoir honte de parler d’une agression. Au contraire. En parler, chercher de l’aide, un endroit sûr où se reconstruire, ça devrait être encouragé, accessible. Donner aux victimes la « présomption d’honnêteté » dans les cas d’agressions à caractère sexuel contribuerait grandement à en réduire le nombre…

Autrice de l’article : May Nadeau

May Nadeau
Maman homeschooler de trois enfants un peu sauvages, May a élu domicile dans une petite ville du nord de Lanaudière. Adepte de portage et passionnée de crochet, c'est entre ses enfants, ses livres et son jardin qu'elle a trouvé son bonheur.

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