Choix de parents – Les prénoms

Partagez!

« Comment vous allez l’appeler ? »

Ça, c’est LA question que tous les futurs parents entendent. Après la curiosité du sexe de l’enfant à naître, il y a celle du prénom de l’humain en fabrication. Le sexe, personne ne peut s’obstiner. Bébé fille ne va pas se transformer en bébé garçon parce que la grand-mère n’est pas d’accord. Pour le prénom, c’est un peu différent dans beaucoup de familles. Il y a des parents pour lesquels le choix d’un prénom peut devenir une expérience assez particulière quand les proches s’en mêlent. Choisir un prénom, ça appartient aux parents. Pourtant, bien souvent, certains se croient invités à participer à cette discussion intime et personnelle. Non, Grand-Maman, tu ne peux pas donner ton opinion sur tous les sujets. Personne ne brime tes droits fondamentaux en ignorant que tu n’aurais pas choisi ce prénom si tu avais pu donner ton avis. Même chose pour la tante, la cousine, l’oncle et la voisine.

Si on vous invite à donner votre avis, c’est une chose. Par contre, même si les parents hésitent entre quelques prénoms, si personne ne vous le demande, il vaut mieux ne rien dire. J’ai vu des parents tristes, donner un prénom qui n’aurait pas été leur premier choix à leur enfant parce que les commentaires de l’entourage les avaient blessés. Chaque fois, je rageais en silence. Les parents devraient pouvoir nommer leur trésor selon leur choix et ce, sans culpabilité ni pression de qui que ce soit.

Avoir le premier bébé des deux côtés de ma famille n’a pas rendu ma grossesse facile. Du côté de mon père, il faut que le prénom commence par un « A ». C’est le cas pour lui, pour ses parents et chacun des trois enfants. Je vous entends déjà me dire que ça n’a pas de sens puisque je m’appelle May, mais ça, c’est une tout autre histoire. Si je vous dis simplement que j’ai un prénom composé, résultat d’un compromis douteux parce que mes parents étaient bien loin d’avoir le même avis sur le prénom que je devrais porter. Je n’ai pas suivi cette étrange tradition de la lettre « A ». Du côté de ma mère, il n’y a rien de tel, mais tout le monde veut donner son avis. Chacun a son opinion sur la longueur, la finale, l’agencement au nom de famille… Croyez-moi sur parole, ce n’est pas de tout repos. J’ai choisi, au risque de déplaire, de n’écouter personne.

J’ai pris les prénoms de mes enfants dans des livres. Pour mon fils, c’est évident. Mon petit homme s’appelle Caleb. Personne n’en a jamais questionné la provenance. Elle est même souvent assumée par les gens à qui je présente ce petit humain que j’ai fabriqué. Caleb Bordeleau, père d’Émilie Bordeleau, iconique personnage d’enseignante dévouée. En grandissant, mon fils devient protecteur et appelle ses sœurs « mes filles » sans comprendre pourquoi ça me fait toujours sourire. Mon petit garçon adore les jardins, les activités extérieures et la machinerie lourde.

Pour mes filles, c’est un peu moins évident. Il faut que je mentionne les romans en question pour que les gens comprennent.

Lorsque j’attendais mon aînée, j’ai eu une envie folle de relire le roman Annabelle de Marie Laberge. Je ne cherchais pas un prénom. Ma grossesse était toute nouvelle et j’ignorais que j’allais avoir une fille. Il y a dans Annabelle, une pianiste italienne au caractère de feu. Je me suis endormie et, à mon réveil, tout était clair. L’humain qui grandissait au creux de mon ventre, encore imperceptible pour les autres, était une petite fille au caractère de feu et son prénom était Lydia. Il faisait chaud. C’était l’été et j’avais appris ma grossesse le mois précédent. Ma fille est née en février, au plus froid de l’hiver.

Chaque fois que je regarde ma fille, je vois dans ses yeux toute sa force, son intelligence, sa vitalité. Je ressens sa présence comme j’ai ressenti son prénom, dans tout mon être, de toute mon âme. Je ne saurai jamais si ça a le moindre lien, mais ma grande est une musicienne.

Ma petite dernière, c’est mon bébé magique. Ma petite cerise sur le Sunday d’une famille déjà merveilleuse. Née un soir d’orage, dans les mains d’une extraordinaire sage-femme, ma petite a reçu le prénom parfait pour une enfant qui reste toute petite. Vous connaissez la petite fille qui recoud l’ombre de son ami dans le roman Peter Pan, Wendy Moïra Angela Darling ? Ma plus jeune s’appelle Moïra. Je ne savais pas que ma fille resterait toute petite, mais, étrangement, je vis avec le sentiment qu’une partie de moi le savait quand je l’ai nommée. Ma toute petite qui ne grandit pas, parle très peu, mais chante toute la journée, elle porte bien son prénom. Elle semble parfois vivre au Pays Imaginaire, un peu hors du monde.

Et vous ? Comment avez-vous prénommé vos enfants ? Comment le vivez-vous au quotidien ?

Autrice de l’article : May Nadeau

May Nadeau
Maman homeschooler de trois enfants un peu sauvages, May a élu domicile dans une petite ville du nord de Lanaudière. Adepte de portage et passionnée de crochet, c'est entre ses enfants, ses livres et son jardin qu'elle a trouvé son bonheur.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *