Les lettres – À toi qui veut un autre enfant

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Tu essaies de minimiser l’importance de ton désir en ajoutant que tu as déjà un petit bonhomme que tu adores. On te dit de penser à celles qui n’ont pas cette chance. Tu le sais bien que tu es chanceuse, mais la sensation de vide dans ton ventre est si présente que ta respiration en est douloureuse. Tu changes de sujet. Tu tentes de te convaincre que tout va bien et que ce que tu as te suffit…

Malheureusement, tu croiseras des gens qui seront incapables d’accueillir ta douleur. Ils essaieront de la minimiser en te rappelant ce que tu as comme si ça allait effacer ton désir. Certains voudront à tout prix te faire voir que d’autres ont encore moins de chance. Tu peux faire la sourde oreille. Rien ne t’oblige à leur dire qu’ils ont raison, à ignorer la place que prennent tes émotions et leur valeur.

Ton envie de devenir la maman d’un autre enfant, ça ne signifie pas que le premier ne te rend pas heureuse, au contraire. Ce petit humain qui a fait de ton couple une famille, il t’a fait vivre des moments si précieux que tu en veux encore plus. Parfois, lorsqu’il dort, tu revisites ses premiers pas que son papa a filmé. Les yeux plein d’eau, tu te demandes si c’est vrai, si c’est la seule fois où tu l’auras vécu. Tu n’effaces pas ton fils du portrait lorsque tu t’imagines avec un autre enfant. Tu veux juste ajouter un être humain à aimer, à voir grandir.

Je veux que tu saches que tu as le droit. Je ne vais pas minimiser ta douleur et ta tristesse. Tu peux choisir l’endroit que tu veux. Que ce soit sur ton divan, sous un arbre au parc ou dans un café, je vais t’écouter. Tu pourras me le dire que ça te déchire de voir ton fils grandir sans la petite soeur que tu lui imaginais. Tu pourras pleurer en me racontant que chacun de tes retards s’est terminé par des crampes et du sang. Je t’écouterai en silence, me dire entre deux sanglots que tu ne comprends pas ce qui t’arrives. J’aurai des mouchoirs à portée de main pour que tu sèches tes larmes en m’expliquant que pourtant, ton fils s’est pointé dans ton utérus dès que vous avez pris la décision de fonder une famille. Tu pourras même ajouter que tu voulais porter des tenues assorties à celles de ta fille juste parce que tu as toujours trouvé ça mignon. Je ne te jugerai pas. C’est vrai que c’est mignon.

De tout mon coeur, je vais te souhaiter un autre bébé, un autre petit “vous deux”, mais avec tes yeux. Quand tu en auras assez, que tu voudras laisser tomber, j’attendrai et j’y croirai pour toi en silence. Je retiendrai ton espoir pour toi pour qu’il ne se soit pas envolé si tu veux le reprendre.

Je suis cette amie qui voulait davantage d’enfants et qui comprend…

Autrice de l’article : May Nadeau

May Nadeau
Maman homeschooler de trois enfants un peu sauvages, May a élu domicile dans une petite ville du nord de Lanaudière. Adepte de portage et passionnée de crochet, c'est entre ses enfants, ses livres et son jardin qu'elle a trouvé son bonheur.

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